Pourquoi l’Allemagne ne commémore-t-elle pas le 11 novembre ?

En Belgique, en France et en Grande-Bretagne, le 11 novembre est un jour férié qui marque la fin de la guerre 14-18. Mais pas en Allemagne.

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Belga

Le 11 novembre 1918 marque la fin de la Première guerre mondiale. Ce jour-là, à 5h15, l’armistice est signée entre les Alliés et l’Allemagne, qui reconnaît de facto la défaite allemande. A 11 heures précises, les combats cessent. Mais il ne s’agit pas d’une capitulation au sens propre car, à l’origine, l’armistice marque la fin des combats temporaire de 36 jours. Elle a ensuite été renouvelée.

Quoi qu’il en soit, pour la France, la Belgique et la Grande-Bretagne (mais aussi dans une moindre mesure en Pologne où l’armistice se confond avec la fête nationale d’indépendance et aux Etats-Unis, où la commémoration s’étend à tous les vétérans de guerre), ce jour est commémoré depuis près de cent ans (1922 en France) par un jour férié. Rien de tel en Allemagne. Mauvaise perdante?

C’est plus compliqué. En Allemagne, il n’est effectivement pas question de commémorer une défaite. Mais une cérémonie de jour de deuil pour les soldats allemands morts durant la guerre mondiale a lieu depuis 1926 le deuxième dimanche avant le premier dimanche de l’Avent – soit trois à quatre semaines avant Noël.

9 novembre, date symbolique en Allemagne

Surtout, l’Allemagne célèbre avant tout la révolution de 1918-1919 qui a mis fin à l’Empire. C’est le 9 novembre 1918 que le Kaiser Guillaume II abdique et que la république est proclamée. Mais celle-ci ne sera stabilisée que le 11 août 1919 avec l’adoption de la République de Weimar. Entre ces deux dates, de nombreux troubles ont eu lieu. Les communistes allemands (les spartakistes) ont notamment failli s’emparer des institutions comme l’avaient fait les communistes russes un an auparavant.

Par ailleurs, en Allemagne, le 9 novembre est une date autrement plus symbolique que le 11 novembre. Elle traverse l’histoire récente du pays pour le meilleur et pour le pire. C’est en effet un 9 novembre qu’ont eu lieu l’abdication du Kaiser et la proclamation de la République en 1918, donc, mais aussi le putsch raté d’Adolf Hitler en 1923, la « Nuit de Cristal » de 1938 (les pogroms contre les Juifs) et enfin, la chute du Mur de Berlin en 1989.

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