Plus de 400 jets privés mobilisés… pour la COP26

Certains dirigeants sont sortis du lot avec des vols plus polémiques que les autres.

Plus de 400 jets privés mobilisés… pour la COP26
Un jet privé atterrit à l’aéroport de Glasgow-Prestwick le 2 novembre 2021 @BelgaImage

Pour défendre le climat à la COP26, de nombreux dirigeants ont choisi de se rendre à Glasgow… en jets privés. Le Daily Mail a fait le compte et ils sont plus de 400 à s’être posés dans la ville écossaise. Un bal aéronautique si dense qu’il a provoqué un embouteillage à l’aéroport. Certains avions ont dû parcourir 50 kilomètres supplémentaires pour pouvoir se stationner. Un fait pas vraiment en adéquation avec le message écologique promu par la conférence sur le climat. Le quotidien britannique n’hésite même pas à parler d’«hypocrites de haut vol», surtout dans certains cas.

Le vol hautement controversé de Boris Johnson

Parmi les dirigeants qui se sont faits le plus remarquer, il y a le Premier ministre britannique, Boris Johnson. Le Daily Mirror rapporte que ce mardi soir, il s’est permis de quitter un temps Glasgow pour faire un saut en vitesse à Londres en jet privé. Tout ça pour participer à un dîner dans un club réservé aux hommes et où se trouvait notamment Charles Moore… un climatosceptique reconnu.

Faire ce même trajet en train lui aurait pris 4h30. Théoriquement, il aurait donc pu choisir ce moyen de transport peu polluant, même si cela aurait été plus chronophage. C’est d’ailleurs le mode de transport qu’a choisi le maire de Londres, Sadiq Khan, pour se rendre à Glasgow, accompagné de plusieurs de ses homologues européens (Anne Hidalgo pour Paris, Ada Colau pour Barcelone, etc.). Boris Johnson ne l’a pas fait, ce qui lui vaut aujourd’hui une pluie de critiques venant de l’opposition de gauche. La présidente du parti travailliste, Anneliese Dodd, critique ainsi un Premier ministre promouvant des mesures climatiques qui «valent pour le reste du monde, mais pas pour les conservateurs».

Pour le cabinet de Boris Johnson, il n’y aurait rien de choquant dans son trajet Glasgow-Londres, ajoutant au passage que «les contraintes de sécurité et de temps sont étudiées dans toutes les décisions relatives aux déplacements». Il rappelle aussi que son avion utilise un combustible «parmi les plus durables» et est peu gourmand en carburant comparé à la moyenne de ce type d’appareil. Cerise sur le gâteau: des arbres seront plantés pour compenser les émissions carbones. Des arguments qui ne convainquent pas vraiment l’opposition, qui prône toujours l’utilisation du train.

De Joe Biden à Jeff Bezos 

Boris Johnson n’est pas le seul à avoir été épinglé dans cette affaire. Le président américain, Joe Biden, a lui aussi rejoint Glasgow à bord de son fidèle Air Force One. Pourtant, avant la COP26, il ne se trouvait pas à Washington mais à Rome, où avait lieu le G20. Par ailleurs, Joe Biden n’a pas mobilisé qu’un seul jet pour se déplacer mais un petit cortège pour lui tout seul, avec trois autres avions présidentiels et un hélicoptère. Il ne lésine pas non plus sur le nombre de voitures utilisées pour se déplacer une fois le pied à terre. À Rome, 85 véhicules l’accompagnaient et à Glasgow, il y en avait une vingtaine dont un gros tank énergivore, «The Beast».

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, est également pointée du doigt pour s’être rendue à Glasgow en jet privé. Dans son cas, rien d’aussi spectaculaire que son collègue américain. Le souci ici, c’est qu’il s’avère que la moitié de ses déplacements officiels à l’étranger se sont faits avec ce mode de transport (18 fois sur 34 exactement). Et juste avant la COP26, l’initiatrice du Pacte vert européen a encore choisi son jet pour faire le trajet Vienne-Bratislava, c’est-à-dire… 50 kilomètres. Son entourage a fait valoir que ce genre de voyage n’était «pas réalisable avec des vols commerciaux».

Parmi les autres personnalités qui se sont rendues à Glasgow en jet, on trouve le patron d’Amazon Jeff Bezos, qui s’était d’ailleurs distingué il y a quelques jours en se rendant en hélicoptère à l’anniversaire de Bill Gates sur un yacht en Turquie. Plus étonnant, le prince Charles, pourtant très attaché à l’écologie, s’est lui aussi déplacé en Écosse avec son jet. Comme Joe Biden, il se trouvait avant à Rome. Comme pour Boris Johnson, Clarence House a rappelé l’utilisation d’un carburant durable pour calmer les critiques. Enfin, parmi les 400 jets, il y avait aussi ceux d’autres dirigeants présents dans la capitale italienne (celui canadien, allemand, indien, français, japonais, etc.). L’acteur Leonardi DiCaprio, écologiste convaincu, n’a quant à lui pas fait comme en 2016, lorsqu’il a pris un jet privé pour aller chercher un prix à Paris. Cette fois-ci, il s’est rendu à Glasgow avec un vol commercial.

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