Heure d’hiver : à quand la fin du changement d’heure ?

Cette nuit, on a gagné une heure de sommeil grâce au passage à l'heure d'hiver. Pour la dernière fois ? Probablement pas.

une horloge qui doit passer à l'heure d'hiver
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On connaît la chanson. Dans la nuit du 30 octobre au 31 octobre, la Belgique est passée à l’heure d’hiver. Concrètement, on a reculé nos montres d’une heure. À trois heures du matin, il était en réalité deux heures. En mars, on perdra une heure de sommeil. Mais ça ne devait pas être fini tout ça ?

En 2019, le Parlement européen, qui poussait la Commission à agir depuis début 2018, s’était prononcé pour la fin du changement d’heure saisonnier. L’argument principal en faveur de ce dispositif semi-annuel était jusque-là l’économie d’énergie, mais son efficacité n’a jamais été démontrée. La directive demandait ainsi aux Vingt-Sept de bloquer leurs horloges dès 2021, avec une condition : éviter un patchwork de fuseaux horaires. Les Etats membres proches géographiquement étaient donc invités à faire un choix commun entre l’heure d’hiver et l’heure d’été.

Pas de terrain d’entente

Seulement, les intérêts divergent. L’Allemagne est largement favorable à l’heure d’été mais n’est pas suivie par tous ses voisins. L’Estonie ne veut pas être sur le même fuseau horaire que la Russie. L’Irlande veut, elle, rester caler sur le rythme britannique pour éviter de complexifier la gestion frontalière avec l’Irlande du Nord, déjà source de tensions depuis la mise en œuvre du Brexit. Au sein même d’un pays, les politiciens sont confrontés à un dilemme. Comme en Belgique, où 50% des citoyens ont marqué leur préférence pour l’heure d’hiver contre 45% en faveur de l’heure d’été.

La faute (encore) au Covid-19

En discussion depuis trois ans, le projet est actuellement au point mort. Il faut dire qu’entre-temps, l’Union européenne a été confrontée à un défi plus important, l’épidémie de Covid-19.

« C’est logique que la question du changement d’heure n’ait pas été une priorité l’année dernière », défend l’eurodéputé suédois Johan Danielsson, chargé du dossier, même si les Etats membres n’avaient pas exprimé un intérêt particulier pour cette recommandation avant la crise sanitaire.

Le sujet n’est plus à l’agenda

Les citoyens, eux, avaient pourtant montré un net engouement pour la fin du changement d’heure. En 2018, près de cinq millions de personnes avaient répondu à une consultation menée par la Commission européenne. Résultat : 84% des Européens n’en voulaient plus.

Quand leur souhait sera-t-il exaucé ? Pas tout de suite. Le Conseil n’a toujours pas donné son avis au projet de directive, un prérequis avant toute entrée en vigueur. L’institution semble attendre un rapport de la Commission sur l’impact de la mesure. Et le sujet ne semble pas à l’agenda politique. Aucune nouvelle concertation n’est prévue, tant sous la présidence de la Slovénie jusqu’en décembre que celle de la France, de janvier à juin 2022. La fin du changement d’heure n’interviendra donc pas avant plusieurs années. Ce qui fait dire ceci à un porte-parole de la Commission : « le temps va lentement lorsqu’il s’agit de changer les choses relatives au temps ».

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