France – Angleterre, la guerre de 1000 ans

Après le Brexit, les tensions ne manquent pas entre la France et l'Angleterre. Dernier désaccord en date autour de la pêche... Depuis Guillaume le Conquérant, ces deux-là n'ont cessé de se chamailler.

Von der Leyen, Macron et Johnson au G20
Belga

Mère Europe est désespérée. Décidément, ces deux là ne s’entendront jamais. Depuis 1.000 ans ils ne cessent de se chamailler pour un lopin de terre ou un autre. Elle ne sait plus quoi faire pour qu’ils se parlent calmement. Le pire, c’est qu’ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau ! Deux faces d’une même pièce, deux jumeaux.

L’une est turbulente, l’autre est vicieuse. L’une est République monarchique et l’autre Monarchie parlementaire. L’une est bien installée sur le continent, l’autre regarde au-delà des mers. Quoi qu’on fasse, ce sera toujours pile et face. Rien n’y fait. La France et l’Angleterre ne s’entendront jamais.

La première s’est toujours trouvée plus belle qu’elle ne l’était vraiment, se voyant comme la fille préférée de mère Europe. L’autre s’est toujours sentie délaissée, a toujours voulu être ailleurs, au point qu’elle a fini par partir. Et depuis, c’est reparti pour les rivalités.

Il est pourri, ton poisson !

La raison ? La pêche ! Si, si, la pêche… Oh, il y a bien d’autres points qui fâchent. La frontière de l’Irlande du nord, l’Aukus, les migrants… On trouvera toujours des points qui fâchent entre ces deux-là. Mais c’est la pêche qui exacerbe les tensions. Car, depuis le Brexit, chacun est tenu de rester dans son coin des eaux. Et y a pas intérêt à aller pêcher chez le voisin !

Ainsi, Angleterre rechigne à laisser les bateaux de France voguer sur ses eaux et pêcher ses poissons. France accuse Angleterre de ne pas lui donner assez de licences pour pêcher ses poissons, alors que c’était prévu dans l’accord du Brexit. En représaille, elle a décidé d’arrêter et de verbaliser tous les bateaux d’Angleterre qui voguent sur ses eaux à elle. Après tout, c’est Angleterre qui a voulu la quitter. Mais Angleterre ne va pas se laisser faire. Elle a appelé l’ambassadrice de France pour venir s’expliquer. Sur ce, France a décidé qu’à partir du 2 novembre, ses ports seraient interdits aux bateaux d’Angleterre…

Belga

De 1066 à 2016

Il y a 1.000 ans que cette rivalité a commencé, quand un certain Guillaume (ou William), a traversé la Manche pour s’installer en Angleterre sans que celle-ci l’ait invitée. En 1066, Angleterre s’est mise à parler français et tant pis si William (ou Guillaume) était en réalité Danois et ne parlait qu’un vieux françois.

Pendant quelques décennies, les choses se sont bien passées. Les deux s’entendaient, parlaient la même langue, avaient des coutumes et des institutions similaires. D’ailleurs, la reine d’Angleterre n’était-elle pas Isabelle de France ? La mère du roi d’Angleterre ! Fausse bonne idée ! Celui-ci et ses descendants se sont mis dans l’idée que France leur appartenait. Et pendant 100 ans, ce fut chamailleries sur chamailleries, les deux n’ont cessé de se battre et se déchirer.

Hastings 1066 Revival

Belga

On ne sait même plus qui a gagné. Ce qui est certain, c’est que les deux ne se sont plus parlé. Ils se sont tournés le dos, regardant chacun ailleurs. Et puis, ils se sont retrouvés sur les mers. En s’imaginant que le monde leur appartenait. Ils se sont chamaillés pour avoir tel ou tel lopin de terre : « C’est à moi ! » « Non, j’étais là le premier ! » Europe ne cessait de leur dire : « Aucune de ces terres n’est à vous ! » Tant pis, ils se sont battus pendant 7 ans pour savoir qui était le plus fort dans le vaste monde.

Après la guerre de 7 ans, France est retournée chez elle. Angleterre jubilait. Mais France s’est vengée en s’appropriant le continent. Et ce fut reparti ! Chamailleries ! Batailles ! Guerres ! Finalement, ce n’est que lorsque que leur petit frère teigneux a fait sa crise d’adolescence – voyant le piètre exemple que France et Angleterre lui avait donnés – qu’ils ont fini par se serrer les coudes. Et ce fut beau. En faisant front commun, ils sauvèrent leur mère Europe ! Enfin, ils s’entendaient. Et ça a duré 100 ans. Et puis, Angleterre en a eu marre…

Débarquement

Belga

Brexit vs Réélection

Derrière ce regain de tension entre la France et l’Angleterre, il y a surtout beaucoup de manoeuvres de communication. Car, devant les difficultés, rien de tel que de raviver les vieilles querelles. On est sûr que le peuple va suivre ! France – Angleterre, les meilleurs ennemis du monde ! Que serait l’un sans l’autre ?

Ainsi, Boris Johnson doit faire face aux conséquences du Brexit – pénuries de chauffeurs, retard d’approvisionnement, pénurie de denrées et d’énergie, et les choses ne s’améliorent pas… Plutôt que de devoir s’expliquer ou de blâmer mère Europe, comme c’était devenu l’habitude, le mieux à faire est encore de viser le vieux rival ! Tout ça, c’est la faute à France ! Regardez le coq comme il se pavane !

De l’autre côté, France pourrait laisser couler. Mais non, parce qu’il y a une élection qui se profile. Déjà qu’elle a été humiliée par le grand cousin américain, il n’est pas question de se laisser médire par Angleterre ! Ce traître, ce Judas, ce « petit peuple de boutiquiers » !

A ce jeu-là, il n’est pas certain que ni l’un ni l’autre ne baisse de ton. Boris Johnson et Emmanuel Macron doivent se rencontrer ce week-end à Rome pour le G20 et à Glasgow pour la COP26 dans la foulée. On se demande s’ils vont se parler.

Sur le même sujet
Plus d'actualité