Quelles conséquences du réchauffement climatique pour vous?

Le nouveau site de la VUB explique ce qui vous attend concrètement selon votre âge, le lieu où vous habitez et le scénario climatique.

Quelles conséquences du réchauffement climatique pour vous?
Dégâts à Pepinster après les inondations de cette année, le 17 juillet 2021 @BelgaImage

Globalement, la planète va se réchauffer mais à un niveau individuel, tout le monde ne va pas le subir de la même manière. C’est ce que montre ce jeudi la VUB (Vrije Universiteit Brussel) avec un nouvel outil simple d’utilisation. Chacun peut y voir ce qu’il pourrait endurer au cours de sa vie en fonction de plusieurs paramètres. 

Des prévisions modulables 

Le premier critère demandé, c’est votre âge. Car évidemment, un enfant connaîtra vraisemblablement beaucoup plus les conséquences du changement climatique qu’une personne qui a 60 ans aujourd’hui. La VUB permet ainsi de savoir ce qui attend par exemple une personne née en 1961 ou un nouveau-né dont les parents s’inquiètent pour son avenir.

Deuxième variable: l’ampleur du réchauffement global. Le meilleur scénario, c’est celui imaginé lors des Accords de Paris, avec 1,5°C en plus au compteur en 2100. Puis il y a la prévision établie par l’ONU, celle d’une augmentation de 2,4°C. Et enfin, la VUB a imaginé le pire: un réchauffement de 3,5°C, vers lequel le monde pourrait se diriger en l’état actuel de la situation. 

Dernière élément qui entre en jeu, l’endroit où vous habitez. Les climatologues bruxellois ont ici découpé le monde en grandes régions. Vous pouvez vous placer en Europe et Asie centrale, mais aussi en Amérique latine, en Amérique du Nord, en Afrique sub-saharienne, etc. Ou vous pouvez vous considérer comme un citoyen du monde et choisir de voir ce que donne le changement climatique à un niveau de la planète entière.

Des chiffres inquiétants en Europe et encore pires ailleurs 

Une fois tous ces paramètres encodés, la VUB vous donne le résultat. Prenons par exemple le cas d’une personne de 60 ans vivant en Europe. Avec un scénario établi à 1,5°C, elle connaîtra en moyenne au cours de sa vie 1,2 fois plus de feux de forêts et d’inondations, 1,7 fois plus de tempêtes tropicales, 3 fois plus d’épisodes de sécheresse et 5 fois plus de canicules. 

Pour un bébé né en 2021, les chiffres sont bien plus inquiétants. Un nouveau-né européen connaîtra environ 1,8 fois plus de feux de forêts et d’inondations, 3,6 fois plus de tempêtes tropicales, 3,8 fois plus de sécheresses et 13,4 fois plus d’épisodes caniculaires. Et ça, c’est avec un scénario optimiste! Si on prend la pire des prévisions, celle d’un réchauffement de 3,5°C, il ne devrait pas y avoir vraiment plus d’inondations et de tempêtes qu’avec 1,5°C mais pour le reste, cela devient véritablement catastrophique: 2,3 fois plus d’incendies de forêts, 8 fois plus de vagues de chaleur et 33,5 fois plus de canicules.

Si vous pensez qu’il est difficile d’imaginer situation plus critique, détrompez-vous! Le pire attend le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Là-bas, avec 3,5°C en plus, une personne aujourd’hui connaîtrait 1,7 fois plus de feux de forêts, 6,5 fois plus d’inondations, 7,2 fois plus de mauvaises récoltes (un paramètre quasi stable en Europe), 31,7 fois plus de tempêtes tropicales, 16,7 fois plus de sécheresses et 56,3 fois plus de canicules. C’est dans cette région qu’il y aurait la plus forte augmentation pour les cyclones et les sécheresses. L’Afrique subsaharienne détiendrait le record d’augmentation de canicules (60,6 fois plus) et d’inondations (8,6 fois plus). Les feux de forêts frapperaient davantage l’Amérique du Nord (2,4 fois plus) alors que les mauvaises récoltes seraient plus fréquentes en Asie du Sud (8 fois plus). L’Europe ne détient aucun record mondial, tout comme la région Asie de l’Est-Pacifique et l’Amérique latine.

Un appel à agir maintenant

Pour arriver à ces résultats, la VUB a combiné plusieurs bases de données. On y trouve notamment des données démographiques des Nations Unies, les dernières simulations climatiques en date, les rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), etc. Les climatologues de l’université veulent ainsi provoquer une prise de conscience. «Notre objectif est double. Premièrement, nous voulons que les gens, jeunes et moins jeunes, comprennent de manière simple ce que le changement climatique peut signifier pour eux personnellement. Deuxièmement, nous voulons donner aux gens la possibilité de partager les résultats sur les réseaux sociaux. De cette façon, nous voulons sensibiliser un large public et les décideurs politiques au changement climatique qui se réuniront à la COP26 à Glasgow à la fin de cette semaine», déclare à Belga Wim Thiery, climatologue de la VUB, qui participe à une étude détaillée sur le sujet qui sera publiée lundi 1er novembre dans Science.

«Nos résultats montrent clairement que ce n’est pas seulement le problème des générations futures, mais des enfants et des jeunes vivant aujourd’hui», a déclaré le chercheur à De Morgen qui rappelle que les régions les plus touchées par ce réchauffement connaitront aussi un boom démographique. «Par la combinaison d’une croissance démographique rapide et d’une exposition à des événements extrêmes, le changement climatique impose un fardeau disproportionné aux jeunes générations du Sud. Et nous avons de bonnes raisons de croire que nos calculs sous-estiment la véritable augmentation à laquelle les jeunes sont confrontés», dit-il. «Si nous parvenons à réduire drastiquement nos émissions dans les années à venir, nous pourrons éviter les pires conséquences pour les enfants du monde entier», a ajouté Thiery.

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