L’Italie bloque une loi anti-homophobie et la Pologne débat d’une loi anti-LGBT+

Dans les deux pays, les défenseurs des droits de la communauté LGBT+ s'indignent de ces décisions parlementaires.

L’Italie bloque une loi anti-homophobie et la Pologne débat d’une loi anti-LGBT+
Le Sénat italien lors du vote sur la loi Zan, le 27 octobre 2021 @BelgaImage

Le parlement polonais débattra ce jeudi d’une nouvelle loi anti-LGBTQI+. Cette proposition de loi vise à interdire les manifestations en faveur de l’égalité des droits des non-hétérosexuels. En parallèle, ce mercredi, le Sénat italien a bloqué un projet de loi contre l’homophobie qui suscitait une grande opposition des partis du droite ainsi que du Vatican.

Les LGBT+ polonais réduits au silence par la loi?

Concrètement, le texte de loi polonais interdit par exemple de remettre en question «le mariage en tant que relation entre un homme et une femme» lors de rassemblements publics. Les manifestants ne sont pas non plus autorisés à promouvoir l’idée du mariage homosexuel ou l’adoption par des parents non-hétérosexuels. Toute orientation sexuelle différente de l’hétérosexualité est interdite.

Ce projet de loi vient de Kaja Godek, une militante pro-vie de la fondation « Famille et Vie ». Mme Godek est parvenue à recueillir 140.000 signatures pour que le projet de loi soit examiné par le parlement. La loi vise particulièrement les événements et célébrations LGBTQI+ comme la Gay Pride et d’autres manifestations. All-Poland Women’s Strike, le groupe qui, l’année dernière, protestait déjà contre les dois plus strictes en matière d’avortement décidées par la Pologne, a lancé un appel à manifester devant le parlement.

En Italie: «une page noire pour la démocratie et les droits»

En Italie, le Sénat a bloqué la loi Zan dont le but était de punir les actes de discrimination et d’incitation à la violence à l’encontre non seulement de la communauté LGBT+ mais aussi des personnes handicapées par exemple. Le texte a été rejeté avec 154 voix contre 131, principalement à l’instigation des partis d’extrême-droite de la Ligue et de Fratteli d’Italia.

C’est «une page noire pour la démocratie et les droits. Le Sénat a décidé de rester loin des exigences réelles» du pays, a réagi Alessandro Zan (parti démocrate, centre-gauche), le promoteur de la loi. Il avait auparavant rejeté les accusations des opposants au texte qui estimaient que cela mettrait à mal la liberté d’expression. Le Vatican s’était fait aussi remarquer en juin dernier en déposant une plainte diplomatique officielle contre la loi. Selon les autorités papales, cela aurait violé le Concordat entre l’Italie et le Saint-Siège en réduisant la possibilité pour les catholiques de s’exprimer librement sur ce qu’ils penseraient des non-hétérosexuels. Jamais le Vatican n’avait pris une telle initiative envers l’État italien. La président du Conseil Mario Draghi avait alors répondu que l’Italie était «libre» de légiférer là-dessus car elle «est un État laïque, pas un État confessionnel».

Après le blocage par le Sénat, la loi Zan pourra être néanmoins représentée au Sénat sous une nouvelle monture mais cela ne sera fera pas avant six mois.

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