Bolsonaro citoyen d’honneur en Vénétie: polémique en Italie

Attaquée de toute part, la maire mise en cause défend sa décision.

Bolsonaro citoyen d’honneur en Vénétie: polémique en Italie
BRASLIA, DF – 25.10.2021: BOLSONARO LANA PROGRAMA CRESCIMENTO VERDE – This Monday 25th, President Jair Bolsonaro participates in the launch of the National Green Growth Program. The ceremony took place at the Palcio do Planalto. In the photo, President Jair Bolsonaro. x2134484x PUBLICATIONxNOTxINxBRA AntonioxMolina

La décision lundi soir d’une petite commune de Vénétie d’accorder la citoyenneté d’honneur au très controversé président brésilien Jair Bolsonaro a suscité mardi une polémique en Italie.

Symbole du Brésil ou du négationisme sanitaire?

«La décision a été approuvée» par le conseil municipal, a confirmé mardi à l’AFP la maire de cette commune de 4.000 habitants, Alessandra Buoso, membre de la Ligue, le parti souverainiste et antimigrants dirigé par Matteo Salvini. Cette décision a été aussitôt critiquée alors que Jair Bolsonaro vient d’être accusé par une commission d’enquête du Sénat brésilien d’avoir «délibérément exposé» les Brésiliens à «une contamination de masse» par son déni de la gravité de la crise sanitaire. «Bolsonaro a mené une politique anti-Covid fondée sur le négationnisme et contre le vaccin, qui n’a fait que conduire à des milliers de morts», a ainsi dénoncé Arturo Lorenzoni, porte-parole de l’opposition au Conseil régional de Vénétie, une région dirigée par la Ligue.

Interrogée au téléphone par l’AFP, la maire d’Anguillara Veneta a tenté de défendre sa décision en expliquant que «la citoyenneté d’honneur a été décernée au peuple qu’il représente et non à lui en tant que personne». «La citoyenneté d’honneur vise à récompenser l’accueil que les migrants en provenance d’Anguillara Veneta ont reçu au Brésil», a-t-elle précisé. Accablés par la pauvreté, un millier d’habitants de cette commune ont en effet émigré au Brésil à la fin du XIXème siècle, et parmi eux les ancêtres du président brésilien, qui ont quitté la commune en 1888.

Selon le rapport final de la commission d’enquête du Sénat brésilien, présenté mercredi, le président d’extrême droite a été «le principal responsable des erreurs du gouvernement pendant la pandémie» qui a fait plus de 600.000 morts au Brésil. Outre le «crime contre contre l’humanité», qui pourra être jugé à la Cour Pénale Internationale de La Haye, le rapporteur Renan Calheiros a retenu neuf chefs d’accusation allant du «charlatanisme» à l’«incitation au crime» en passant par les «infractions aux mesures sanitaires» et la «prévarication». Jair Bolsonaro est attendu en Italie pour le sommet du G20 qui doit se tenir ce week-end à Rome. Il pourrait ensuite se rendre lundi ou mardi sur la terre de ses ancêtres, une visite qui n’est pas encore confirmée à ce stade.

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