" L’épreuve de la vie " : la photo déchirante qui illustre l’horreur de la guerre en Syrie

On y voit Munzir, un père unijambiste, en train de porter à bout de bras son fils Mustafa, né sans membres. Avec ce cliché, le photojournaliste turc Mehmet Aslan s’est vu décerner le prix international de la photographie de Sienne.

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La photographie intitulée Hardship of Life (« l’épreuve de la vie »)/ ©Mehmet Aslan/ Siena International Photo awards

Quelques instants de bonheur entre un père et son fils, malgré les horreurs de la guerre. En une image, Mehmet Aslan a tout dit, ou presque, de ce qu’il se passe en Syrie. Avec son cliché « Hardship of Life » (« l’Epreuve de la vie»), le photojournaliste turc a remporté samedi le Prix international de la photographie de Sienne (Toscane).

La photo, qui date d’avril, montre un père, Munzir, porter son fils Mustafa, né sans membres. Le père «a perdu sa jambe droite en 2016 ou 2017, lors du bombardement d’un marché où il se promenait, à Idlib, en Syrie », a expliqué le photographe à France Info. La mère de Mustafa, Zeynep, était enceinte lorsqu’elle a été exposée au gaz sarin, une arme chimique interdite, mais plusieurs fois utilisée par le dictateur Bachar al-Assad contre son peuple.

Faire entendre la voix de Mustafa

« Mustafa est né sans membres inférieurs ou supérieurs en raison de la tétra-amélie, une maladie congénitale causée par les médicaments que sa mère Zeynep a dû prendre après avoir été malade à cause du gaz neurotoxique libéré pendant la guerre en Syrie », lit-on sur le site officiel du festival de Sienne. Vu son état, le père n’est pas mesure de travailler. La mère est seule pour tenter de subvenir aux besoins de la famille, réfugiée en Turquie.

C’est justement dans le but de leur venir en aide que le photojournaliste turc a décidé, avec cette photo, de participer au concours international. Mehmet Aslan espère ainsi «obtenir plus de soutien pour Mustafa et, surtout, faire entendre sa voix ». Pour se déplacer, l’enfant a besoin de prothèses électroniques. « Malheureusement, ça n’existe pas en Turquie. C’est très difficile de s’en procurer, on les trouve seulement en Europe et elles coûtent très cher » a expliqué Mehmet Aslan à France Info. «Nous avons essayé pendant des années de faire entendre notre voix à qui voulait bien nous écouter, pour l’aider dans son traitement. Nous donnerions tout pour qu’il ait une vie meilleure », a raconté la mère, Zeynep, au Washington Post.

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