Le chancelier autrichien, soupçonné de corruption, annonce sa démission

Les révélations faites par les Pandora Papers auront fini par provoquer sa chute, même s’il parle de «fausses accusations».

Le chancelier autrichien, soupçonné de corruption, annonce sa démission
Sebastian Kurz à Paris le 10 novembre 2020 @BelgaImage

Le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz, soupçonné d’être impliqué dans une affaire de corruption, a annoncé samedi soir sa démission.

Suspense sur le nom du remplaçant

«Il serait irresponsable de glisser vers des mois de chaos ou d’impasse», a-t-il déclaré devant la presse à Vienne, expliquant se retirer pour «la stabilité» du pays tout en réfutant de «fausses accusations». «Je veux céder la place pour éviter le chaos», a-t-il ajouté, disant avoir proposé le nom de son ministre des Affaires étrangères, Alexander Schallenberg, pour lui succéder.

Depuis l’annonce mercredi par le parquet de l’ouverture d’une enquête à son encontre pour corruption, Sebastian Kurz était sous pression pour se retirer. Le dirigeant de 35 ans avait jusqu’alors refusé, dénonçant des allégations «fabriquées». Mais les Verts, partenaires minoritaires du gouvernement, ont accru leurs critiques au fil des jours. Vendredi, le vice-chancelier et leader des écologistes, Werner Kogler, avait jugé que M. Kurz n’était «plus apte à exercer ses fonctions», à l’issue d’entretiens avec les chefs des autres partis. Les conservateurs (ÖVP) doivent maintenant proposer quelqu’un «d’irréprochable», avait-il estimé.

Le Parlement devait en outre se réunir mardi prochain en session extraordinaire pour se prononcer sur une motion de censure déposée par l’opposition. M. Kurz est soupçonné d’avoir utilisé par le passé des fonds gouvernementaux pour s’assurer une couverture médiatique favorable.

Selon le parquet, entre 2016 et 2018, des articles élogieux et des études d’opinion «partiellement manipulées» auraient été publiées en échange de l’achat d’espace publicitaire par le ministère des Finances, géré à cette époque par les conservateurs. M. Kurz et neuf autres suspects, ainsi que trois organisations, sont visés par une enquête pour diverses infractions liées à cette affaire. Des perquisitions ont eu, notamment au siège du parti conservateur ÖVP et à la chancellerie.

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