Moins autoritaires, plus impliqués... Qui sont les nouveaux pères ?

Ni sévères, ni autoritaires, et encore moins papas poules remplaçant les mères, les nouveaux pères sont devenus des partenaires. Un bouleversement qui n’en est qu’à son début.

Moins autoritaires, plus impliqués... Qui sont les nouveaux pères ?
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Ils changent les couches, portent leur nouveau-né en ­kangourou et préparent des petits plats. “On est passé d’une paternité institutionnelle à une paternité relationnelle et impliquée. C’est le lien avec l’enfant qui fait désormais le père alors qu’avant c’était son rôle”, affirme Christine ­Castelain-Meunier qui a signé L’instinct paternel, ouvrage affirmant haut et fort que l’instinct paternel existe. La figure du père considéré comme représentant de Dieu et de la loi s’efface au profit de l’autorité parentale partagée. Le phénomène a été propulsé avec les formes plurielles de parentalité, dont l’homoparentalité. Pourtant, paterner et materner, ce n’est pas pareil. “Biologiquement et culturellement, le féminin et le masculin sont différenciés, appuie Christine Castelain-Meunier. Mais l’idée que l’homme incarne la rationalité et la femme la sensibilité évolue. Ce serait dommage de gommer les différences. À chacun de composer avec sa nature. L’essentiel est de s’émanciper du patriarcat. Les pères peuvent aujourd’hui transmettre l’égalité entre hommes et femmes. Prendre soin des petits, c’est une valeur humaine et non pas féminine.

C’est d’ailleurs tout l’enjeu du congé de paternité passé ce 1er janvier de trois à quatre semaines. Il aura fallu vingt ans pour en arriver là, le congé de paternité ayant été créé en 2002. Selon la Ligue des familles, les parents demandent désormais bien plus: un congé de paternité de 15 semaines, comme le congé de maternité. L’enjeu est de taille car il s’agit de créer dès la naissance ce lien de proximité avec l’enfant. Car l’égalité entre pères et mères est loin d’être gagnée. Le modèle traditionnel d’un père qui travaille et d’une mère qui, emploi ou pas, s’occupe des enfants reste majoritaire. Une enquête de l’ONE souligne que la présence des hommes dans les espaces et réseaux interpersonnels liés au care et aux enfants peut être interprétée comme curieuse et menaçante. Il y a encore du chemin à faire. “Les nouveaux pères existent mais il reste énormément de familles traditionnelles avec des pères autoritaires et des mères qui n’ont pas grand-chose à dire: le nombre de féminicides le montre”, conclut la socio­logue Marie-Thérèse Casman.

Retrouvez notre dossier de la semaine Être parent en 2023

instinct paternel

L’instinct paternel. Plaidoyer en faveur des nouveaux pères, Christine Castelain-Meunier, Larousse, 2019, 210 p.

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