Rabotage des congés parentaux : pourquoi la proposition du gouvernement ne passe pas

Pour son budget 2023, le gouvernement voudrait diminuer la durée et la rémunération des congés parentaux. Absurde et rétrograde?

une famille bénéficiant d'un congé parental après la naissance de leur bébé
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Gouvernement fédéral

Discussions budgétaires
Le gouvernement fédéral prévoirait de toucher aux congés parentaux lors des prochaines discussions budgétaires. Les parents prêts à y recourir pourraient perdre entre 42 et 84 euros par mois. La durée ne serait, elle, pas modifiée: quatre mois à temps plein, huit mois à mi-temps, à prendre avant les 12 ans de l’enfant.

Crédit-temps
Les crédits-temps, à prendre avant que l’enfant ait 8 ans, sont également dans le viseur. L’âge serait baissé à 5 ans. Et là, la durée pourrait être rabotée. Actuellement de 51 mois, elle passerait à 48 mois. De plus, les parents perdraient entre 25 et 50 euros par mois en cas de crédit-temps. La mesure permettrait à l’État de récupérer un peu moins de 20 millions d’euros.

Dans le public aussi
Le congé parental et le crédit-temps ne concernent que les travailleurs du secteur privé. Les fonctionnaires fédéraux ont droit à une interruption de carrière. Elle ne fera pas exception, passant de 60 à 48 mois.

Congé de paternité
Ce rabotage des congés parentaux contredit les dernières décisions en matière de conciliation vie professionnelle-vie de famille. Le congé de paternité (destiné aussi aux “comères”) sera d’ailleurs augmenté à 20 jours (à prendre endéans les quatre mois après la naissance) à partir du 1er janvier 2023.

Ligue des Familles

Recul énorme
La Ligue des familles condamne. “Ces mesures marqueraient un recul énorme des droits des parents et des familles. Elles envoient un terrible signal selon lequel les familles n’ont pas de difficultés à concilier leur vie privée avec leur vie professionnelle. Cette conciliation est pourtant l’un des principaux enjeux auxquels les familles font face.”

Convention collective
La FGTB insiste sur le fait que les crédits-temps sont le fruit d’une convention collective conclue par les partenaires sociaux, que le gouvernement doit, de fait, respecter. Ensuite, comme la Ligue des familles, elle pointe le succès grandissant des congés parentaux et crédits-temps, qui répondent à un besoin. “Ils contribuent à maintenir le taux d’emploi, voire à l’augmenter.”

Rémunérations déjà faibles
Selon la Ligue des familles, les rémunérations actuelles des différents dispositifs (516 euros par mois pour le crédit-temps, 845 pour le congé parental) sont déjà trop faibles. Une diminution de 5 à 10 % serait catastrophique, alors que le coût de la vie explose pour les familles belges.

Les femmes affectées
Ces mesures affecteraient plus lourdement les femmes”, assure aussi la FGTB. Le syndicat remarque que les pères commencent seulement à s’approprier les congés parentaux, participant “à modifier les mentalités en entreprises”. Mais là, “ils y réfléchiront à nouveau à deux fois. Quel recul pour l’égalité des genres”.

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