La moitié des pères fait semblant de dormir quand leur bébé se réveille la nuit

Dans une récente étude menée par l’IFOP en partenariat avec Sleepyz, on apprend qu’en matière de charge mentale, et de sommeil, on est loin d’atteindre l’égalité parentale. Sans grande surprise cependant.

bébé pleurant dans son berceau
© Belga Image

Avoir un petit qui " fait ses nuits ". Le rêve de bon nombre de jeunes parents pour qui, bien souvent les nuits sans sommeil s’enchainent. C’est les traits tirés et le visage cerné que les parents se relaient pour parvenir à consoler bébé. Enfin, certain bien plus que d’autre.

Selon l’étude menée par l’IFOP sur la charge mentale liée au sommeil des jeunes enfants, on apprend, enfin on est plutôt rappelé, que cette fameuse charge, elle est beaucoup plus lourde chez les femmes. Du rituel du coucher au réveil nocturne en passant par le changement de couche, l’égalité est loin. Très loin.

Une nuit plus agitée pour certaine que pour d’autre

C’est peut-être l’un des chiffres les plus marquant de cette enquête, mais 78% des mères d’un enfant de moins de 3 ans se lèvent plus souvent la nuit que leur conjoint. Pire encore, 44% disent qu’elles sont seules à se lever, pendant que leur partenaire dort, ou fait semblant.

Car tous les moyens sont bons pour rester sous la couette. Enfin, pour monsieur surtout. En effet, si en moyenne 44% des parents déclarent avoir déjà fait semblant de dormir en espérant que leur conjoint.e se lève, 55% des pères interrogés ont reconnu recourir à ce stratagème.

Mais ce n’est pas tout. Il se trouve que les mères sont également bien plus réactives aux pleurs de bébé. En moyenne, les parents attendent 5,8 minutes avant de se lever pendant la nuit en cas de pleurs. Cependant, là où les mères n’attendent 4,5 minutes avant de se mettre en marche pour s’occuper de leurs enfants, les pères, eux, sont plus cools. Ils laissent passer environ 8 minutes avant de se lever.

Une charge mentale bien plus lourde

Si les nuits sont définitivement plus agitées pour les mères que les pères, ce que l’étude révèle c’est que c’est tout le rituel relatif au moment du coucher de l’enfant qui est également concerné. C’est le point de vue de Louise Jussian, chargée d’études au pôle Genre, Sexualités et Santé sexuelle à l’IFOP " Cette étude montre que non seulement les mères se lèvent bien plus souvent que leur conjoint, mais également qu’elles assument plus largement la charge mentale liée à la préparation du sommeil de leurs jeunes enfants. "

En effet, selon la spécialiste, les inégalités de répartitions des tâches se creusent selon leur nature. Ainsi dans le cas d’un changement de couche, ou de lire l’histoire du soir, les hommes se révèlent plus prompt à participer. Mais lorsqu’il faut faire face à une urgence, un imprévu, c’est la femme qui s’en charge.

Un roulement pas toujours respecté

Cependant, nombreux sont les couples qui essayent de mettre en place des stratégies de roulement afin de se répartir la charge et de répondre de manière plus équitable aux réveils nocturnes de leurs enfants.  C’est du moins l’objectif de 2/3 des couples interrogés (63%).

Mais c’était trop beau pour être vrai… Moins d’un tiers des parents pratiquant ce fameux roulement trouve que la répartition était équilibrée. Enfin, cela varie grandement en fonction des genres. Si 40% des pères affirment que l’équilibre est là, seulement 25% des mères le pensent.

De plus, comme mentionner plus haut, malgré les roulements ou une volonté d’équilibre, les stratégies d’évitements sont bien plus masculines que féminines…

" Néanmoins, il semble qu’une forme de rébellion voit le jour, particulièrement chez les femmes qui se disent féministes, voire très féministes, qui n’hésitent pas à reprocher à leurs conjoints leur manque d’implication. " Explique Louise Jussian.

Il n’en demeure que, sans surprise, en matière de charge mentale et de responsabilité parentale, l’égalité homme-femme est encore très loin devant nous et qu’il nous reste un sacré chemin à parcourir avant d’y prétendre…

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