Accueillant majoritairement des enfants francophones, une crèche d’Overijse ferme par manque de personnel néerlandophone

Des manquements dans la sécurité sont également à l’origine de la décision.

Accueillant majoritairement des enfants francophones, une crèche d’Overijse ferme par manque de personnel néerlandophone
@BELGAIMAGE

Lundi 13 juin, les parents des enfants inscrits à la crèche Pinocchio d’Overijse apprenaient la fermeture de l’établissement, selon La Libre. Ils n’auront pas beaucoup de temps pour trouver un autre lieu d’accueil, la crèche fermant définitivement dès le 13 juillet.

Faisant partie du réseau Neokids Montessori, la crèche Pinocchio accueillait majoritairement des enfants francophones. L’usage du néerlandais n’était donc pas indispensable dans la gestion quotidienne.

Les autorités publiques flamandes ont justifié la fermeture de l’établissement par le manque de personnel maitrisant le néerlandais au sein de la crèche. Or, ceci contrevient à la législation linguistique en vigueur. Après avoir signalé le problème à plusieurs reprises sans que la situation ne s’arrange, elles ont finalement tranché et ont fermé la crèche. Comme le souligne La Libre, cette décision n’est pas qu’une question de principe : en cas d’incendie, l’absence de personnel pouvant renseigner les pompiers en néerlandais aurait pu poser un véritable problème.

Pénurie de main-d’œuvre

Auprès du Vif, l’agence Opgroeien (l’instance chargée de contrôler les milieux d’accueil en Flandre) a indiqué que des problèmes de sécurité étaient également à l’origine de la décision de fermeture. Contacté par le Vif, la bourgmestre d’Overijse Inge Lenseclaes (N-VA), a déclaré : " Certains des parents touchés sont venus nous voir (…). Nous faisons ce que nous pouvons pour les aider. Nous n’avons pas de crèche communale, mais nous disposons d’un réseau de parents d’accueil indépendants".

" Écoutez, si vous êtes actif en Flandre et que vous recevez des subventions flamandes, il est normal que vous respectiez les conditions de licence flamandes. La langue en fait partie. Nous n’en serions jamais arrivés là s’ils avaient employé au moins une personne néerlandophone comme point de contact. Mais il ne s’agissait pas seulement de la langue, il y avait d’autres problèmes", a ajouté la bourgmestre.

Quoi qu’il en soit, de nombreux parents vont donc devoir trouver en peu de temps un plan B pour accueillir leur progéniture dès cet été. "Je n’ai aucun problème à transférer mon enfant dans une crèche néerlandophone, confiait l’un des pères concernés à La Libre. Au contraire même. Le problème, c’est que le manque de personnel est généralisé. Aucune des crèches de la région que nous avons contactées n’a de place libre. Nous sommes les victimes d’un jeu de dupes". Comme dans d’autres secteurs, la Flandre fait en effet face à une pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la petite enfance.

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