Maltraitance infantile: un algorithme permet de détecter les enfants battus

Même à l’hôpital, la maltraitance infantile n’est pas toujours facile à déceler. Le CHU de Dijon a développé un algorithme qui aide à détecter lorsqu’un enfant est battu, sur base de son dossier hospitalier.

Maltraitance infantile: un algorithme permet de détecter les enfants battus

L’outil existe depuis 2019. Une étude vient de valider son efficacité : l’algorithme conçu par le CHU de Dijon permet bel et bien de détecter les cas de maltraitance physique chez les enfants. L’article publié cette semaine dans le Bulletin épidémiologique de Santé Publique France s’est basé sur l’analyse de 170 cas pour tester la pertinence de l’algorithme.

Résultat : la valeur prédictive de la machine est élevée, et augmente même en même temps que l’âge des enfants diminue. Pour les nourrissons de moins d’un an, l’algorithme peut ainsi atteindre une efficacité de 95%. Une bonne nouvelle, alors que la maltraitance infantile passe en partie sous les radars des hôpitaux.

Un outil avant tout statistique

Comment fonctionne cet algorithme ? À partir des dossiers hospitaliers avérés de maltraitance infantiles, le programme cherche des points communs avec des dossiers où l’origine de la blessure n’a pas été spécifiée. L’algorithme a également été nourri par un gros travail de bibliographie scientifique détaillant les lésions suspectes de maltraitance. Pour valider son efficacité, les chercheurs ont comparé les prédictions de l’algorithme avec une analyse des dossiers effectuées spécialement pour l’occasion par des médecins légistes.

En l’état, le CHU de Dijon utilise cet algorithme  comme outil statistique, "à la manière d’un baromètre de surveillance sanitaire", expliquait Catherine Quantin, qui fait partie de l’équipe de chercheurs à l’origine du projet. En 2020, le CHU de Dijon avait pu mesurer une hausse de 50% des actes de maltraitance sur les mineurs lors du premier confinement comparée aux trois années précédentes. Des données en phase avec les constats des permanences téléphoniques à destination des enfants en danger.

Comme le précisait Catherine Quantin, "l’algorithme vient lever une alerte mais c’est la décision médicale qui prime. C’est vraiment une aide complémentaire", qui ne pourra donc pas se substituer au diagnostic d’un médecin. "D’autant plus qu’on n’effectue pas un diagnostic de maltraitance uniquement sur des lésions physiques. Dans la maltraitance, quelle qu’elle soit, même physique, il est souvent difficile de se contenter des lésions pour établir le diagnostic", ajoutait la chercheuse.

 

 

 

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