Sapin, Père Noël, cadeaux… D’où viennent les traditions de Noël ?

Certains aspects de la fête ne datent que du XXe siècle, mais d'autres traditions remontent à l'Empire romain.

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Du retour du soleil à Jésus

Au 4e siècle, le pape Libère établit la naissance du Christ au 25 décembre. Au fur et à mesure de la christianisation progressive de l’Europe, la célébration de la Nativité va se substituer aux différentes fêtes liées au solstice d’hiver. Fête germanique de Yule, Saturnales romaines, fête de Mithra… Depuis toujours, les civilisations de l’hémisphère nord se sont ainsi habituées à célébrer l’espoir du retour de la lumière, au plus profond de l’hiver, quand l’un des pôles de la Terre atteint son inclinaison maximale par rapport au soleil.

À Rome, les Saturnales se déroulaient par exemple le 17 ou le 24 décembre, selon les historiens. Au 3e siècle, l’empereur Aurélien instaure un jour de fête supplémentaire le 25 décembre, décrété « jour de naissance du Soleil ». En bon latin, cela donne dies natalis solis invicti. Le Sol invictus (le Soleil invaincu) est alors proclamé le patron principal de l’Empire romain. Par la suite, Constantin 1er, d’abord adepte du Sol Invictus, se convertit au christianisme. Fixer la naissance de Jésus au 25 décembre permit ainsi aux Empereurs de convertir plus facilement les populations au christianisme, en s’appuyant sur les traditions profanes qui préexistaient.

Le sapin, l’arbre de la résurrection

D’après l’anthropologue Abdu Gnaba, l’association du sapin avec la fête de Noël trouve ses racines dans une histoire : «On raconte que Saint Boniface, en voulant convaincre des prêtres germains que le chêne n’était pas un arbre sacré, a fait abattre un vieux chêne. Celui-ci, en tombant, a écrasé tout sur son passage… sauf un jeune sapin», explique-t-il au Figaro. Témoin de ce miracle, le moine aurait alors baptisé l’épicéa l’«arbre de l’enfant Jésus ».

«Depuis, il est établi que le sapin est l’arbre de la résurrection, d’autant que ses feuilles très résistantes renforcent sa légende ». Mais placer de la verdure dans sa maison pour célébrer le solstice d’hiver se faisait déjà bien avant la fête chrétienne. « Déjà, au IIe siècle, on reprochait aux chrétiens de mettre dans leur entrée de la verdure et des chandelles comme les païens le faisaient », précise Nadine Cretin, historienne des fêtes.

Si le sapin fait partie des attributs incontournables de Noël depuis le XVIe ou le XVIIe, il aura toutefois fallu attendre 1982 et le pontificat de Jean-Paul II pour qu’il fasse son entrée au Vatican. Depuis, un arbre de Noël est offert par un pays ou une région européenne différente chaque année. Pour 2021, le sapin de Noël du Vatican provenait d’un village des Dolomites, en Italie.

Des pommes, avant les boules

Quant aux boules et aux guirlandes qui ornent le sapin, elles symboliseraient « les constellations, le cosmos et le retour à la lumière », selon Abdu Gnaba. Trônant au sommet du conifère, l’étoile de Bethléem, celle qui guida les rois mages jusqu’à la ville du même nom.

Les boules de Noël auraient également une autre signification : le sapin représente également «l’Arbre de la connaissance du bien et du mal, du jardin d’Eden, dont la pomme a été mangée par Adam et Eve ». Pendant longtemps, le sapin de Noël était décoré de fruits, notamment des pommes, jusqu’à ce qu’une très mauvaise récolte, en 1858, n’oblige à les remplacer par des boules de verres…

Etrennes et grands magasins

« Les catalogues des grands magasins s’appelaient autrefois des catalogues d’étrennes. C’étaient des jouets que l’on offrait ou des cadeaux alimentaires. Avec la montée de la bourgeoisie au XIXe siècle et en particulier l’installation des grands magasins, le cadeau est devenu incontournable à Noël », détaille Nadine Cretin.

Mais la tradition de s’offrir des cadeaux à cette période de l’année remonte à l’Antiquité et encore, aux fêtes des Saturnales, où la coutume voulait que l’on s’offre des étrennes. Avec la christianisation, les cadeaux seront rattachés à la Nativité et aux présents offerts par les rois mages à Jésus.

Père Noël, petit frère de Saint-Nicolas

Manteau rouge vif, barbe de neige et hotte pleine de jouets… Le Père Noël doit beaucoup à son prédécesseur du 6 décembre. Popularisé par Coca Cola dans les années 30, il trouve son origine dans le personnage chrétien de Saint-Nicolas.

Emigrés aux Etats-Unis, des Hollandais avaient en effet emporté dans leurs valises le Sinter Klaas, inspiré de deux évêques du Moyen-Age. Sinter Klaas, qui devint un peu plus tard le Santa Claus anglais.

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