D’où viens-tu, Ô grand Saint-Nicolas?

C'est dans la nuit de dimanche à lundi que le patron des écoliers passera dans les cheminées. Mais comment est-il arrivé jusque là ?

Ô grand Saint-Nicolas
Belga

Ne le dites pas à vos enfants, mais le grand Saint-Nicolas n’existe pas. Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai, il a peut-être existé. Le patron des écoliers, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est inspiré de deux évêques du Moyen Age : Nicolas de Myre et Nicolas de Sion dont les histoires se confondent à partir du Xe siècle. C’est de leur légende qu’est née celle de Saint-Nicolas qui vient, la nuit du 5 au 6 décembre, récompensé les enfants sages.

Tout a commencé par la relique d’une phalange attribuée au grand Saint. Qu’il s’agisse de Nicolas de Myre ou de Sion, on n’en sait rien, mais toujours est-il qu’au Xe siècle, cette phalange est arrivée depuis Bari, en Italie actuelle (d’où serait originaire Nicolas de Myre), au duché de Lorraine. A partir de cette phalange, on a décidé de bâtir à Nancy une basilique dédiée à Nicolas qui deviendra du même coup le saint patron du duché de Lorraine.

Une légende lugubre

C’est en Lorraine et aux alentours, en gros, dans la région franco-germanique qu’un siècle plus tard, la légende de Saint Nicolas est née. L’histoire, à l’origine, parle de trois innocents incarcérés. Mais ceux-ci seront transformés en trois enfants dans un cuveau. Et comme souvent au Moyen Age, cette histoire pour les enfants est quelque peu lugubre… Voici la légende du grand Saint-Nicolas :

« L’hiver approchant, trois enfants partis glaner dans les champs se perdent sur le chemin du retour. Attirés par la lumière filtrant des fenêtres d’une maison, ils s’approchent et frappent à la porte. L’homme qui leur ouvre, Pierre Lenoir (ou Peter Schwartz), boucher de son état, invite les trois malheureux à entrer. Mais, sitôt les enfants entrés, il les tue et, à l’aide d’un grand couteau, les coupe en petits morceaux qu’il déposera dans son saloir afin d’en faire du petit salé.

Saint-Nicolas petit salé

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Peu de temps après, Saint-Nicolas, chevauchant son âne, passe par là et frappe à son tour à la porte du boucher. L’homme, n’osant pas rejeter un évêque, le convie à dîner. Quand son invité lui demande du petit salé, le boucher comprend qu’il est découvert et avoue tout. Le saint homme étend alors trois doigts au-dessus du tonneau de petit salé, reconstituant et ressuscitant ainsi les trois enfants .

Saint Nicolas enchaîne ensuite le boucher à son âne et le garde auprès de lui pour le punir. Celui-ci deviendra le père Fouettard, cet être mauvais, double opposé de Saint-Nicolas, dont le rôle est de réprimander les enfants désobéissants et les cancres tandis que son patron récompense les enfants sages ». Voici comment est née la légende du grand Saint-Nicolas, patron des écoliers.

Une légende vivace

Aujourd’hui, la légende de Saint-Nicolas est plus douce : point de meurtre et de découpage d’enfants, ni même (ou alors de manière très douce), de réprimandes aux enfants qui ne sont pas sages, mais au contraire, des cadeaux et des sucreries à volonté pour tous les écoliers.

C’est toujours dans cette région élargie de Lorraine que la légende est vivace. Saint-Nicolas est célébré en Belgique et aux Pays-Bas (où il passe le 5 décembre), au Luxembourg, dans le nord-est de la France et en Allemagne, en Suisse et en Autriche, mais aussi en Pologne, en Roumanie, jusqu’en Russie où son culte diffère quelque peu : il y est célébré le 19 décembre par les chrétiens orthodoxes et les enfants n’y sont pas particulièrement récompensés. Enfin, on le sait, le Père Noël anglo-saxon doit beaucoup (et sans doute un peu trop) à notre Saint-Nicolas.

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