Les Borlée, une famille en or ?

A Tokyo, Kevin et Dylan Borlée tenteront de décrocher (au moins) une médaille. Mais comment une famille bruxelloise s'est-elle hissée sur les plus hautes marches de l'athlétisme mondial ?

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Il y a le père, Jacques, l’entraîneur. Ancien athlète lui-même, il participa aux JO de Moscou en 1980. Sur 400 m, évidemment. Médaille d’argent sur 200 m aux Championnats d’Europe de 1983, il préside depuis une quinzaine d’années à la destinée de ses rejetons. Ils ont de qui tenir ! Leur mère, Edith Demaertelaere était elle aussi sprinteuse.

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Ce n’est pourtant pas le père qui a poussé les jumeaux Kevin et Jonathan (33 ans) et le cadet Dylan (28 ans) à faire de l’athlétisme, mais bien leur soeur, Olivia, de deux ans leur aînée. En 2004, elle décide de suivre la course de Kim Gevaert, sprinteuse argentée lors des Championnats d’Europe et qui vient de participer aux JO d’Athènes. Jacques, qui avait quitté le milieu athlétique, décide de s’occuper de sa fille.

Les garçons, eux, préfèrent le foot. Jusqu’à leurs 17 ans, ils pensent même faire carrière, pourquoi pas ! Mais, voyant leur soeur, ils se prennent à leur tour au jeu de la course. Ils s’entraînent avec elle, sous l’oeil avisé du père, et trouvent là chaussure à leurs pieds. Leur spécialité sera le 400 m. Rapidement, on se rend compte que cette fratrie n’est pas comme les autres. Il y a du talent et de la volonté. Les résultats suivent et la Belgique se met à rêver d’une médaille aux Jeux olympiques.

Olivia en or

Le premier rendez-vous olympique a lieu en 2008 à Pékin. Et on n’est pas déçu ! Olivia, qui a rejoint le 4×100 m avec Kim Gevaert, obtient l’or (après que la Russie ait été déqualifiée en 2016), pas moins ! Les frangins, quant à eux, font la course en tête, juste derrière les Américains, lors de la finale du 4×400 m, mais les Belgian Tornados termineront finalement 5e.

En 2009, Kevin et Jonathan partent à la Florida Estate University pour voir comment ça se passe chez les Américains. Un an plus tard, Kevin devient champion d’Europe de 400 m. L’équipe, elle, obtient le bronze. Deux ans plus tard, les Belgian Tornados menés par les frères Borlée sont champions d’Europe à Helsinki, une première pour la Belgique. Aux JO de Londres, par contre, c’est la déception, le relais 4×400 m terminant 6e.

Toujours pas de médaille olympique pour les frères

Il y a de quoi être frustré ! Les frères Borlée n’ont jamais obtenu de médaille olympique ! Championnat d’Europe, championnat du monde, à titre individuel ou en équipe, oui, mais, à part pour Olivia lors de cette nuit chinoise, les JO se refusent aux Borlée. Alors le père, sélectionneur national, appelle le quatrième rejeton, Dylan, cinq ans plus jeunes que les jumeaux et tout juste médaillé d’argent lors des Championnats d’Europe en salle.

En 2016, aux JO de Rio, les Belgian Tornados comprennent trois frères Borlée et Julien Watrin. L’équipe est championne d’Europe en titre (pour la deuxième fois de son histoire, un autre titre européen suivra en 2018) et arrive à bloc à Rio où elle terminera… Quatrième, à une petite seconde du podium. Toujours pas de médaille…

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Le sort s’acharne. Jonathan Borlée est blessé pour les JO de Tokyo – il est néanmoins réserviste et fait partie de l’équipe mixte. C’est donc Dylan et Kevin qui représenteront les Borlée (et la Belgique) cette année. Ils ont une chance de plus de ramener une médaille, lors du 4×400 m mixte, nouvelle épreuve olympique. Malheureusement, Olivia n’est plus là, qui a mis un terme à sa carrière en 2019. Mais un autre rejeton est dans les starting-blocks, Rayane, 22 ans. Verra-t-on un jour une équipe olympique belge du 4×400 composée uniquement de frères Borlée ?

 

 

 

 

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