Climat : 3 mythes sur le changement climatique

« Le climat a toujours changé », « seules les générations futures sont concernées », « il est trop tard pour agir ». Certaines mythes concernant le changement climatique persistent.

changement climatique
© Belga Image

80 % des Belges considèrent les changements climatiques comme un problème qui nécessite une action urgente, selon le SPF Santé publique. Pourtant, des mythes persistent. L’abondance d’information que l’on peut aujourd’hui trouver sur le sujet et les fake news relayées en ligne sont source de confusion pour de nombreuses personnes.

Ces mythes sont plus qu’une question d’exactitude scientifique, ils ont aussi un impact réel sur notre action dans la lutte contre le réchauffement climatique : « Face aux mythes et aux perceptions erronées, nous perdons, en tant qu'individus, notre motivation à agir. Nous perdons également notre volonté de nous engager dans une action collective qui pousserait à un changement institutionnel et structurel », estime Dilshani Sarathchandra, professeur associé de sociologie à l'université de l'Idaho, interrogée par Discover Magazine.

A lire aussi : Quel lien entre tempêtes hivernales et réchauffement climatique?

Mythe 1 : le climat a toujours changé

Il est vrai que le climat a beaucoup changé au cours des 4,5 milliards d’années d’existence de la Terre. Cependant, le réchauffement climatique extrêmement rapide que nous observons actuellement ne peut s’expliquer par des cycles naturels de réchauffement et de refroidissement. « Le genre de changements qui se produiraient normalement sur des centaines de milliers d'années se produisent aujourd’hui en seulement quelques décennies », indique WWF.

Partout dans le monde, les températures enregistrées battent des records depuis une dizaine d’année. Selon l’Organisation météorologique mondiale, 2022 serait la cinquième ou sixième année la plus chaude à l’échelle planétaire, d’après des observations réalisées à partir des années 1860. En Belgique, les années 2020 et 2022 ont été les années les plus chaudes depuis le début des observations de l’IRM.

A lire aussi : 2022 et 2020 ont été les années les plus chaudes depuis le début des observations de l’IRM

Ce réchauffement s’explique par l’augmentation de la quantité de CO2 dans l’atmosphère, qui est en augmentation constante depuis la révolution industrielle. Voilà pourquoi on parle de changement climatique anthropique, car il est causé par l’activité humaine.

Mythe 2 : seules les générations futures sont concernées

Le changement climatique a déjà un impact sur les populations et la biodiversité, même s’il n’est pas toujours facile de le prouver. Selon une étude menée par Carbon Brief, 71% des 504 événements météorologiques extrêmes survenus au cours des dernières décennies ont été « rendus plus probables ou aggravés par le changement climatique d’origine humaine ».

Vague de chaleur extrême en Inde, sécheresse en Europe, inondations au Pakistan… Les phénomènes climatiques qui ont marqué l’année 2022 devraient s’intensifier dans les années à venir et les générations futures ne sont pas les seules concernées : « Ce n'est tout simplement plus vrai. Maintenant, nous pouvons observer les impacts du réchauffement climatique se produire à la fois pour les personnes du Sud, mais aussi pour les personnes du Nord », explique David Ho, climatologue à l'université d'Hawaï, à Discover Magazine.

A lire aussi : Réchauffement climatique : pourquoi la nature est notre meilleure alliée

« Nous constatons déjà les effets dévastateurs du changement climatique sur l'approvisionnement alimentaire mondial, l'augmentation des migrations, les conflits, les conséquences économiques, les catastrophes naturelles, les maladies et l'instabilité mondiale », alerte de son côté WWF.

Et l’humain n’est pas le seul animal à être touché par les conséquences du changement climatique. Le Melomys rubicola est le premier mammifère dont l’extinction a été attribuée, en 2016, au réchauffement climatique.

Mythe 3 : il est trop tard pour agir

Les discours alarmistes perpétuent un autre mythe : il est trop tard pour agir. « Cette croyance est problématique car elle génère l'apathie ou la résignation et empêche l'action individuelle et collective, tout en réduisant la pression publique pour une action politique indispensable », explique Dilshani Sarathchandra, de l'université de l'Idaho.

Des actions visant à atténuer le changement climatique et à s’adapter à ses conséquences sont déjà en cours. Les efforts pour réduire les émissions de CO2, pour réduire notre utilisation des énergies fossiles, ou encore pour reverdir les zones urbaines, sont de plus en plus nombreux.

« Il est possible de faire beaucoup de choses, tant en termes d'atténuation que d'adaptation, et bon nombre des technologies nécessaires existent déjà. Nous avons juste besoin de la volonté politique et économique de les mettre en œuvre à grande échelle », indique Cascade Tuholske, professeur adjoint de géographie humaine à l'université d'État du Montana.

A lire aussi : 5 points de non-retour possibles avec le réchauffement climatique actuel

Bien que l’action individuelle puisse sembler avoir un impact limité, chaque individu à un rôle à jouer : « Qu'il s'agisse simplement d'avoir une conversation sur les actions qu'il entreprend dans sa vie ou, plus important encore, sur le type de pressions politiques qu'il peut exercer », suggère le professeur. De son côté, WWF résume : « Si la plus grande responsabilité revient aux dirigeants politiques et aux entreprises, chacun peut agir à son niveau. Les citoyens et les consommateurs et consommatrices font partie des acteurs les plus importants pour accélérer et intensifier l'action climatique ».

Plus d'actualité