Climat: les accords de Paris sont toujours atteignables selon un nouveau rapport

Une nouvelle étude évoque les pistes pour limiter la hausse des températures en dessous des 2°C d'ici 2050.

Climat : voici pourquoi les émissions de CO2 continuent de grimper
Les émissions de CO2 d’origine fossile continuent d’augmenter © Belga Image

Le monde peut encore garder le réchauffement climatique "bien en deçà de 2°C", à condition de quadrupler d'ici 2030 les capacités d'électricité décarbonée et d'investir massivement en particulier dans la capture du carbone et l'hydrogène, souligne mercredi un rapport de BloombergNEF (BNEF).

«Des chemins existent encore pour rester bien en-deçà de 2°C de réchauffement (par rapport à la période pré-industrielle), si les gouvernements et les entreprises agissent de façon déterminée en faveur des énergies et des technologies bas carbone», souligne l'édition annuelle du New Energy Outlook, publié par le cabinet d'expertise BNEF quelques jours après la fin d'une COP27 peu concluante en termes d'ambition climatique mondiale.

Le rapport dresse une liste d'actions, afin de limiter le réchauffement à 1,77°C, s'intéressant en particulier à neuf pays critiques représentant 63% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Dans ce scénario de neutralité carbone en 2050, le monde doit déployer rapidement des capacités de production électrique décarbonée et, "dans une moindre mesure", de stockage et capture de carbone (CCS) ainsi que d'hydrogène décarboné.

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«Passer d'une électricité d'origine fossile à une électricité propre sera le principal facteur de réduction des émissions mondiales en 2022-2050», permettant de faire environ la moitié du chemin, estiment les auteurs.

Les voies de la décarbonation 

Dans cette projection, en 2050, la production électrique mondiale viendra d'abord de l'éolien (48%), du solaire (26%), puis d'autres renouvelables (7%), du nucléaire (9%), de l'hydrogène, et résiduellement du gaz et du charbon avec capture du carbone.

La décarbonation passera aussi par une électrification des transports, industries, bâtiment, chaleur, estime le rapport, qui observe un retard dans ces deux derniers domaines. L'essor des capacités de CCS devra également être massif, pour passer d'environ 40 mégatonnes en 2021 à 1,7 gigatonne d'ici 2030 et plus de 7 gigatonnes d'ici 2050. Le recours à l'hydrogène devra être multiplié par cinq: de 90 millions de tonnes aujourd'hui, largement produites à base d'énergies fossiles, à environ 500 millions de tonnes décarbonées en milieu de siècle.

Dans ce paysage, les pays développés étudiés par le rapport (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Japon, Australie) réduisent leurs émissions dans la décennie, tandis que les émergents et en développement (Inde, Indonésie, et reste du monde) voient leurs émissions croître encore quelques années avant de décliner. La Chine quant à elle "suit son propre chemin", mêlant baisse rapide et baisse tardive.

«Pour se mettre sur le bon chemin durant cette décennie, il faudra, pour chaque dollar investi dans les offres fossiles, investir 3 dollars dans le bas-carbone», résume David Hostert, l'auteur principal, qu'il s'agisse de développer les réseaux électriques, les usines, l'approvisionnement en métaux critiques.

En revanche, un autre scénario laissant faire les tendances actuelles, sans les accélérer, verrait une transition se réaliser, la crise de l'énergie soulignant la compétitivité des renouvelables. Elle conduirait cependant le monde vers un réchauffement de +2,6°C, synonyme de forts impacts, selon BNEF, qui relève que désormais "le choix est devant nous".

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