Les milliardaires du carbone, l’argent avant tout

Dans une étude publiée par l’ONG Oxfam, on découvre que les milliardaires n’hésitent pas à subventionner des industries polluantes. Et ça n’est pas sans prix fort à payer.

sécheresse
© Belga Images

Les riches sont de plus en plus riches, et les pauvres sont toujours plus pauvres. Si ce constat est connu, c’en est un tout autre que l’ONG Oxfam vient de publier. Dans une enquête récente, publiée le 16 novembre en Belgique, Oxfam a passé au crible fin l’empreinte carbone des 125 milliardaires les plus riches du monde. Et alors que de plus en plus de familles ont du mal à boucler leur fin de mois, les grandes fortunes, elles, continuent de s’enrichir.

Mais quand on s’y penche d’un peu plus près, on apprend que ces fortunes s’accroissent en grande partie grâce à leurs investissements, qui sont fait au sein d’industries polluantes, comme les combustibles et énergies fossiles ou encore le ciment. Et la facture énergétique est salée.

En effet, Oxfam estime qu’environ 50 à 70% des émissions des plus riches proviennent de ces investissements qui sont très importants. Les milliardaires détiennent des participations importantes dans de nombreuses entreprises parmi les plus grandes et les plus puissantes du monde, ce qui leur donne le pouvoir d’influencer la façon dont ces entreprises agissent.

125 contre 67 000 000

Le problème c’est qu’à l’heure actuelle, de telles émissions paraissent presque indécentes. Au lendemain d’une COP27 quelque peu décevante et un objectif de maintenir le réchauffement climatique sous la barre du 1,5 degré de plus en plus compliqué à maintenir, ce constat pose réellement question.

Au micro de la Première, Gaëtan Vanloqueren était interrogé sur la question. " Les investissements de ces milliardaires ont autant d’impact négatifs en termes d’émission de dioxyde de carbone que tous les habitants français. D’un côté, 125 personnes de l’autre côté 67000000 d’habitants. " explique-t-il.

Pour le directeur général d’Oxfam cela s’explique assez facilement mais est très problématique : " Cette différence elle n’e s’explique pas uniquement parce que ces personnes sont riches et ont des modes de vie qui génèrent beaucoup plus d’émissions de dioxyde de carbone. Mais parce qu’ils investissent leur richesse dans des industries polluantes. ". 

Mais comme le rappelle l’expert, à l’heure actuelle, on ne peut plus se permettre une telle concentration des richesses, dont les dégâts sur la planète sont catastrophiques. Pour Gaëtan Vanloqueren, "le niveau d’irresponsabilité des choix des personnes les plus aisées n’est plus tolérable. "

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