Des doutes sur l’engagement belge à ne plus financer des projets fossiles à l’étranger

Un rapport pointe les failles de l'engagement belge à renoncer au finalement des énergies fossiles à l'étranger.

Pétrole en Arabie
Site pétrolier à Dammam, en Arabie saoudite, le 16 août 2022 ©BelgaImage

Lors de la COP26, l’an dernier à Glasgow, la Belgique avait finalement rejoint un groupe d’une trentaine de pays qui s’engageaient à mettre fin au financement public international des combustibles fossiles. Ce mardi à Charm el-Cheikh, en marge de la COP27, le Royaume-Uni, initiateur de la démarche, a fait un état des lieux un an après l’adoption de la déclaration. Et l’ONG "Oil Change International" a publié un rapport dans lequel certains doutes sont émis par rapport à la réalité de l’engagement belge.

Peu de transparence en l’état

À Glasgow, les signataires du texte s’étaient engagés, politiquement, à mettre un terme d’ici 2022 au financement public à l’étranger de projets d’énergies fossiles sans technique de capture du carbone, "à l’exception de circonstances limitées et clairement définies qui sont compatibles avec la limite de réchauffement de 1,5°C et les objectifs de l’accord de Paris". Un an plus tard, le Royaume-Uni, le Danemark et la Suède se voient créditer d’un bon bulletin, mais pas la Belgique. Le fait que notre pays ait mis en place une nouvelle politique en la matière est salué mais "les mailles du filet sont grandes", estime l’ONG Oil Change International dans son rapport.

À lire: La Belgique trop dépendante des énergies fossiles selon l’AIE

Credendo, l’assureur-crédit belge, a adapté sa politique en conséquence, il y a quelques mois. Il s’est ainsi engagé à ce que, tant dans sa stratégie d’investissement que dans ses produits de financement et d’assurance pour le financement aux exportations, l’objectif de zéro émission nette d’ici à 2050 soit la règle. Mais, constate le rapport, certaines exceptions sont faites, par exemple pour les champs gaziers et pétroliers déjà en production. Quant aux investissements dans des centrales à gaz sans système de captage et de stockage de CO2 (CCUS), la deadline a été repoussée à 2025.

En outre, les choses ne sont pas claires pour d’autres organismes, comme la SFPI, le bras financier du fédéral, ou certaines sociétés d’investissements liées aux Régions, selon Yelter Bollen, de la coupole d’ONG flamandes Bond Beter Leefmilieu. Ce dernier plaide aussi pour davantage de transparence, à l’instar de ce qui se fait aux Pays-Bas. Enfin, la promotion, via les missions économiques à l’étranger, de projets dans les énergies fossiles se poursuit en Belgique, alors que ce n’est plus le cas chez nos voisins du Nord.

Sur le même sujet
Plus d'actualité