Des pesticides détectés aussi dans les cheveux d’eurodéputés

Une analyse capillaire de 44 eurodéputés, journalistes et scientifiques a détecté la présence de pesticides chez 91% des participants, affirme lundi l'ONG Pollinis qui a mené les recherches. Pour les Verts européens, les résultats montrent une fois de plus que les lois européennes sur l'utilisation des pesticides doivent être plus strictes.

pesticides UE
Dans le cadre du Green Deal, l’usage de pesticides devrait être réduit de moitié pour 2030 © Belga Image

Les pesticides peuvent pénétrer dans l’organisme par l’ingestion d’eau ou d’aliments, par la respiration ou par contact avec la peau. Pour en détecter la présence dans l’organisme, Pollinis a réalisé en juin une analyse capillaire au Parlement européen sur 30 députés ainsi que 14 journalistes et scientifiques.

Le laboratoire français indépendant IRES-Kudzu a examiné les échantillons et a constaté que 40 des 44 participants à l’étude avaient des résidus de pesticides dans le corps. Sur les 27 pesticides différents découverts, plus de la moitié (55%) ne peuvent plus être utilisés dans l’agriculture européenne.

Le pesticide le plus fréquemment rencontré est l’insecticide 4,4 DDE, interdit dans l’Union européenne depuis 1978. Le troisième pesticide le plus répandu, l’insecticide transfluthrine, est également interdit dans l’agriculture mais peut toujours être utilisé à des fins domestiques.

Selon les Verts européens, ces résultats démontrent une fois de plus le retard de la réforme de la législation européenne sur les produits chimiques (Reach). La Commission a récemment annoncé qu’elle n’était pas attendue avant le dernier trimestre de l’année prochaine. Le Parlement européen s’apprête à discuter d’un règlement visant à limiter l’utilisation des pesticides d’ici 2030.  " Cette analyse démontre une fois de plus clairement les risques sanitaires auxquels nous sommes exposés au quotidien. La moitié des pesticides trouvés sont interdits dans l’UE car ils sont toxiques. Cela ne devrait plus durer ", a réagi l’eurodéputée belge Sara Matthieu (Groen), qui a participé à l’étude.

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