Climat: les forêts françaises meurent plus, surtout dans le nord-est

Le changement climatique impacte la survie des forêts françaises qui restent toutefois bien plus étendues qu'il y a un siècle.

Forêt française
Illustration d’une forêt française ©AFP

La forêt française, durement touchée par les dérèglements climatiques, a vu sa mortalité augmenter de 54% ces 10 dernières années, mais continue de s’étendre et de se diversifier, annonce vendredi l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). "En France métropolitaine, la mortalité annuelle s’élève en moyenne à 11,4 millions de mètres cubes par an sur la période 2012-2020", soit de 0,7 m3 par hectare et par an, indique l’IGN dans son inventaire forestier national annuel. Cette mortalité tend à augmenter ces dernières années puisqu’elle n’était que de 7,4 millions de m3/an sur la période 2005-2013.

Bilan mitigé

Cette hausse "est notamment due aux crises sanitaires liées à des conditions climatiques à la fois difficiles pour les arbres (sécheresses) et propices aux insectes xylophages, notamment les scolytes", estime l’IGN. Elle ne prend pas en compte les incendies de l’été 2022 qui ont détruit plus de 70.000 hectares de forêt en France métropolitaine. Les forêts des régions Grand Est et Bourgogne-Franche Comté sont les plus touchées par la surmortalité sur la période observée, les moins impactées étant les régions du sud. Les essences d’arbres les plus affectées par une surmortalité sont le châtaignier, l’épicéa commun et le frêne.

Le changement climatique a aussi une incidence sur la croissance des arbres qui est plus faible. Combiné à la mortalité et à la hausse des prélèvements, cela conduit à un ralentissement de la croissance du volume des forêts: les arbres poussent moins vite et sont moins fournis. Sur la période 2012-2020, cette croissance est de 25,4 millions de m3/an au niveau national contre une hausse de 41,7 Mm3/an pour la période 2005-2013.

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Néanmoins depuis près d’un siècle, la superficie forestière métropolitaine reste en progression. On estime qu’en 1908, la forêt française couvrait 19% du territoire avec près de 10 millions d’hectares. Elle en couvre désormais 31 % avec 17,1  millions d’hectares, avec toutefois de fortes disparités régionales. L’IGN observe aussi "une tendance à l’augmentation de la diversité des peuplements": 47% de la forêt française sont constitués de peuplements dits "monospécifiques", où une essence domine, contre 51% en 2017. Les peuplements à deux essences représentent un tiers des peuplements, et ceux à plus de deux essences en représentent 19%. Cet inventaire a été réalisé à partir de mesures collectées sur près de 70.000 sites d’observation, à l’issue de cinq campagnes de terrain menées de 2017 à 2021.

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