Les dérives de la chasse dans le viseur

La chasse au gibier reprend ce 1er octobre. Des associations dénoncent les dérives de la chasse. La pratique a cependant un vrai rôle dans la société.

interdiction de la chasse
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Ce premier octobre marque le début de la chasse en battue pour le grand gibier comme le cerf, le chevreuil ou encore le sanglier. Et cela ne plaît pas à tout le monde. Un collectif d’associations a lancé une pétition pour dire " Stop aux dérives de la chasse ". Selon lui, la loi qui régit cette pratique séculaire est obsolète (elle date de 1882). Surtout, elle est par trop souvent bafouée. Alors, la chasse, stop ou encore ?

Que disent les associations naturalistes ? Tout d’abord, elles ne sont pas contre l’activité. La chasse, en effet, joue un rôle essentiel au niveau de la régulation des populations de gibier. Depuis que les grands prédateurs ont quitté nos forêts, cela entraine actuellement une surabondance de cervidés et de sangliers.

Chasse de loisir

Ce que dénonce les associations, ce sont les dérives de la chasse : " Le problème c’est la chasse de loisir. Certains n’hésitent pas à nourrir les animaux voire à lâcher du petit gibier, ce qui non seulement ne règle pas le problème mais l’aggrave ! ", dit la coordinatrice du collectif Fanny Cloutier à la RTBF. En clair, du petit gibier est amené dans nos plaines et nourris par les chasseurs pour pouvoir les tirer plus tard…

D’autant que cette pratique est mauvaise pour la biodiversité. " Ce type de comportement qui favorise l’augmentation de la population du gibier pour ensuite le traquer peut aussi entraîner des conséquences graves sur la biodiversité ", souligne Harry Mardulyn de chez Natagora à la RTBF.

Enfin, " la battue à cor et à cri doit être bannie. Les animaux sont stressés. Les tirs se font dans la course et ne sont pas toujours précis. Le gibier blessé peut s’enfuir et ensuite agoniser pendant des jours ! C’est une pratique d’un autre temps ", continue Harry Mardulyn.

En résumé, les associations dénoncent des chasseurs-amateurs qui ne respectent pas les règles de la chasse, la biodiversité et le bien-être animal.

Amour de la nature

Côté chasseurs, on est " les premiers à dénoncer les dérives, mais nous ne nous reconnaissons pas dans les campagnes menées par les associations naturalistes et estimons qu’elles cultivent les amalgames ", disait à Moustique Benoît Petit, président du Saint-Hubert Club, première association de défense des chasseurs du pays. Qui ajoute que " nous partageons avec les naturalistes l’amour de la nature ".

Le chasseur a en tout cas un rôle bien défini dans la société en se substituant aux grands prédateurs dans la régulation de population de gibier – ces dernières années, par exemple, les sangliers sont de plus en plus nombreux dans nos forêts. Et il a des obligations : il doit détenir un permis de chasse ; et avoir l’autorisation de tuer tel ou tel gibier ; et assurer la pérennité de l’espèce qu’il chasse. En gros, ce dont il est vraiment question, c’est l’histoire du bon chasseur et du mauvais chasseur…

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