Les ratons-laveurs, une menace sur nos écosystèmes

Avec leurs frimousses mignonnes dotées d’un petit masque noir, et avec leurs airs de peluche, on sous-estime largement la menace qu’ils représentent. Et pourtant…

Les ratons-laveurs
La population de ratons-laveurs pullule en Wallonie et pose plusieurs menaces sur notre biodiversité locale © Belga Image

Ils sont arrivés dans les années 1930 par l’Allemagne et le Grand-Duché de Luxembourg pour le commerce de fourrure, et puis avec les GI américains à qui ils servaient de mascotte. L’un dans l’autre, la population de raton-laveur a rapidement explosé. Aujourd’hui, répandus dans toute la Wallonie, on n’en compte pas moins de 50 à 75 000. Mais derrière leur mignonnerie, les ratons représentent malgré tout une sacrée menace sur nos écosystèmes.

Une espèce invasive

Pour qu’une espèce (végétale ou animale) soit considérée comme invasive, elle doit réunir plusieurs critères. Parmi ceux-ci, elle doit être étrangère à la région, y avoit été introduite volontairement ou par accident, se répandre rapidement et contribuer à un déséquilibre de l’environnement local. Les ratons-laveurs sont-ils dont invasifs ?

Nos petits bandits à fourrures sont extrêmement adaptables. Ne craignant ni le chaud ni le froid et étant des omnivores gourmands, les ratons-laveurs font feux de tout bois. Cependant, en Belgique, hormis les renards roux ou les chiens (les loups ne sont pas assez présents que pour réellement impacter la situation) les ratons n’ont aucun ennemi naturel.

Combiné à la richesse de nos écosystèmes, la population de l’espèce a explosé au cours de ces années. Vu son introduction et ses origines exotiques, elle est considérée comme invasive par le Conseil de l’Europe. Et les ratons  posent plusieurs problèmes…

Une menace sur la biodiversité

Il est encore peu aisé de déterminer clairement l’impact des ratons sur nos écosystèmes mais le manque de prédateurs naturels ainsi que leurs habitudes font qu’ils représentent une réelle menace pour bon nombre d’espèces locales. On pense notamment aux blaireaux, aux renards ou encore les fouines pour qui le raton-laveur est une réelle concurrence. Mais aussi plusieurs oiseaux ou rapaces dont les nids se voient détruits ou appropriés par les ratons.

De plus, il se révèle être un redoutable prédateur pour bon nombres d’espèces endémique menacées ou en voie de disparition…

Une menace sanitaire

D’un point de vue sanitaire, ici encore les ratons-laveurs représentent un danger tant pour les animaux mais également pour l’homme ! Déjà, il est un des vecteurs de rage, ce qui est loin d’être idéal.

Mais en plus, ils sont les hôtes de parasites, l’ascaris du raton-laveur. Il s’agit de petits verres qui peuvent se propager chez l’hommes et provoquer des encéphalites et d’autres complications qui peuvent parfois amener jusqu’à la mort.

Les scientifiques déconseillent très fortement de caresser ou de toucher les ratons-laveurs, au risque de s’exposer à ces maladies.

Quelles solutions ?

On l’a donc compris, sous leurs airs de peluche, les ratons-laveurs sont relativement dangereux pour nos écosystèmes. Et l’introduction de cette espèce dans nos régions illustre parfaitement comment l’ajout d’une espèce exotique peut avoir des conséquences dramatiques sur la biodiversité endémique.

Et malheureusement, il n’y a pas vraiment de solution aux problèmes qu’ils posent. Benoit Leuris, membre d’une équipe de la Région Wallonne chargée du ralentissement de la prolifération des ratons-laveurs s’est exprimé auprès de nos confrères de la RTBF : " " J’en ai capturé plus de 2000 en 18 mois, et on est obligé de les euthanasier par balle.  Nous n’avons pas le choix, poursuit Benoît Leuris. Malgré sa bouille sympathique, le raton décime la faune locale. Il envahit les habitations à la recherche de nourriture. Il peut s’attaquer aux animaux de compagnie. C’est un redoutable prédateur. " 

Et malgré différentes tentatives d’enrayer la propagation de l’espèce, les ratons-laveurs semblent être là pour durer dans nos contrées…

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