Voici l’ambitieux plan d’investissement de Walibi pour devenir " carbone zéro " d’ici 2030

Au vu de la crise énergétique, c'est sauve qui peut à tous les étages. Mais certains l'avaient anticipée. C'est le cas de Walibi, en marche pour devenir neutre.

Walibi
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À Wavre, la rentrée est calme. Pour s’animer, les parkings de Walibi trépignent de voir poindre le week-end. En attendant, les allées se taisent. Pas une attraction ne tourne. Seuls les véhicules de maintenance brisent la quiétude établie du Loup Garou au Dalton.

Pour les sensations fortes, il faut se tourner vers les toits. Gravir la trentaine d’échelons menant au pied de l’emblématique pyramide d’Aqualibi. Les blocs d’isolant sont déballés, les rouleaux de bitume sont déroulés, la flamme du chalumeaux est ajustée.

"Nous débutons une phase de travaux qui doit permettre dans un premier temps de totalement isoler le site d’Aqualibi. Durant l’été, nous devons trop rapidement et trop régulièrement faire fonctionner nos ventilations et nos air-conditionnés pour rejeter l’air chauffé par les UV entrant à travers la toile de la pyramide. Au vu de la situation actuelle, ce n’est évidemment pas l’idéal. Le dôme va entièrement être couvert de cinq toiles permettant de lutter efficacement contre ce phénomène", remarque Jean-Christophe Parent, CEO de Walibi.

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Un facture qui explose 

Cette première phase des travaux coûtera plus d’un million d’euros. L’économie d’énergie se comptera quant à elle par centaine de milliers d’euros tous les ans. "La stratégie que nous menons actuellement précède la crise énergétique que l’on connaît. Mais cela arrive à point nommé", confie le gestionnaire.

S’il fallait annuellement purger une facture énergétique d’1,3 million d’euros pour faire fonctionner le site, "ce montant pourrait aujourd’hui faire fois dix ou fois vingt. Nous sommes actuellement en négociation avec notre fournisseur d’électricité pour analyser la situation. Il est évident que ces prix ne sont pas tenables."

Mais pas question à l’heure qu’il est de parler de fermeture temporaire ou de mise sous cocon le temps de laisser passer la crise. Si la confiance règne au cœur du parc wavrien, c’est que la stratégie mise en place avant la crise doit rapidement mener le parc à la neutralité carbone.

Un champ de panneaux photovoltaïques

" Notre maison mère, La Compagnie des Alpes, a pour objectif de rendre l’ensemble de ses activités zéro carbone à l’horizon 2030. C’est dans cette dynamique que nous procédons à l’isolation de nos bâtiments. Mais cela va plus loin. Un parc de panneaux photovoltaïques va voir le jour sur un parking de 2,5 hectares. Puis toutes les ampoules ont été changées en LED. Les moteurs énergivores de nos attractions vont être remplacés par des moteurs de nouvelle génération. Tout cela va nous permettre de devenir autonome énergiquement, et bien avant la prochaine décennie. "

Dès fin 2024, Aqualibi le sera déjà. Pour Walibi, il faudra attendre encore quelques années. Mais ce plan de 10 millions d’euros ne sera pas neutre pour les visiteurs. " Nous réalisons de nombreux investissements dans le parc et nous devons en répercuter une partie sur le prix des billets. " Dès 2023, les billets uniques seront majorés de 3 euros. Les pass platinium le seront de 100.

Alors avec une baisse du pouvoir d’achat des Belges, le risque n’est-il pas de voir le parc être déserté ? " Paradoxalement, on pense que la crise va créer un effet d’aubaine. La baisse du pouvoir d’achat devrait réduire les départs à l’étranger. Le Belge profitera alors davantage des activités sur le territoire. C’est ce que nous avons déjà constaté durant " la période attentats ". Nous avions vu une augmentation de la fréquentation alors que les départs à l’étranger diminuaient. Cette année nous allons dépasser la barre des 1,5 millions de visiteurs. Et nous espérons continuer sur cette lancée. "

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