Et si on utilisait tous le vélo pour les petits trajets? Une étude chiffre l’énorme bénéfice pour le climat

Si tout le monde se déplaçait quotidiennement à vélo, la planète ferait l’économie de 700 millions de tonnes d’émission de CO2 par an, soit l’équivalent des émissions d’un pays comme le Canada.

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À lui seul, le secteur des transports représente un quart de toutes les émissions actuelles de gaz à effet de serre. Et la moitié de ces émissions proviennent aujourd’hui de l’utilisation de la voiture. Se passer de cette dernière n’est pas toujours possible, surtout pour des déplacements à moyenne et longue distance. Mais lorsque qu’un trajet n’excède pas quelques kilomètres –comme en centre-ville– nous serions bien avisés de laisser à la maison nos clés de voiture et de grimper sur un vélo, dès que possible.

Une étude publiée dans la revue "Communications Earth and Environment" a en effet chiffré les économies en émission de dioxyde de carbone (CO2), qui en résulteraient. Pour ce faire, une équipe internationale de chercheurs a compilé la première base de données mondiale sur la possession et l’utilisation de vélos, dans 60 pays, depuis le début des années 1960. Selon ces chercheurs, sur la période 1962-2015, le nombre de vélos produits a dépassé celui des voitures.

Dans les 60 pays étudiés, la part de l’utilisation du vélo pour les déplacements quotidiens n’était que de 5% en moyenne. Et dans certains pays comme les États-Unis, le nombre de vélos est élevé, mais leurs propriétaires ont tendance à considérer davantage le vélo comme une activité de loisir que comme un mode de transport du quotidien, et les petits trajets sont souvent faits en voiture.

Or, si chacun se déplaçait à vélo en moyenne 1,6 kilomètre par jour, soit la distance moyenne quotidienne des Danois, le monde réduirait les émissions de CO2 de quelque 414 millions de tonnes par an, soit l’équivalent des émissions annuelles de la Grande-Bretagne, selon les calculs des chercheurs. Avec 2,6 kilomètres de trajets effectués à vélo par jour comme aux Pays-Bas, on pourrait réduire les émissions de 686 millions de tonnes par an, sans compter les bénéfices pour la santé et pour l’amélioration de la qualité de l’air.

Le vélo classique 85 fois moins polluant à la production

Gang Liu, auteur principal de l’étude et professeur au département de technologies vertes de l’Université du Danemark du Sud, a expliqué à l’AFP que l’intérêt principal de l’étude est qu’elle montre que le vélo a un rôle important à jouer dans la réduction de l’empreinte carbone du transport, alors que le débat tend à se focaliser sur l’électrification des voitures.

En effet, selon une étude menée par le fabricant Trek, un vélo conventionnel nécessiterait en moyenne 100 kg de CO2 à produire, contre 8500 kg pour une berline électrique. Soit un rapport de 1 à 85 ! Un tiers moins polluante à la production (5500 kg de CO2) que son équivalente électrique, la berline thermique émettrait par contre à l’utilisation 11 fois plus de CO2 (11000 g contre 1000g, en moyenne).

Et pour les mollets les moins entraînés, l’option vélo électrique reste également très honorable du point de vue environnemental : une bicyclette avec assistance consomme 165 g de CO2 lors de sa fabrication, puis 20g par 100 km d’utilisation.

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