Plusieurs lieux de baignade fermés à cause des cyanobactéries: quels sont les risques?

Alors que nous devrions encore connaître de fortes températures dans les prochains jours, nous sommes nombreux à rechercher de la fraîcheur. Pour certains, dans les multiples points d'eau de notre pays. Attention toutefois, plusieurs zones ont été interdites à la baignade à cause des cyanobactéries, aussi appelées «algues bleues».

Plusieurs lieux de baignade fermés à cause des cyanobactéries: quels sont les risques?
© Belga image

C’est un des paradoxes de l’été. Alors que les épisodes de chaleur se multiplient et qu’il devient indispensable de se rafraîchir, la baignade devient impraticable dans certains points d’eau. En cause: la présence de cyanobactéries, aussi appelées algues bleues, potentiellement toxiques.

La prolifération de cyanobactéries est relativement habituelle par fortes chaleurs. Mais en cet été particulièrement chaud, les risques sont multipliés. En ce mercredi 10 août, la région wallonne a émis un nouvel avertissement. "Les faibles débits actuels observés sur l’ensemble des cours d’eau wallons favorisent la concentration de polluants, ce qui peut amener à la prolifération d’algues et de bactéries pathogènes", prévient-elle sur son site internet. Elle appelle donc à la plus grande prudence et vigilance dans les prochaines deux semaines. Depuis fin juillet, la baignade est ainsi interdite à Falemprise, aux Lacs de l’Eau d’Heure, après détection de ces bactéries. C’est également le cas au lac de Neufchateau.

Ce jeudi, c’est dans le lac de la réserve naturelle du Sahara de Lommel que des algues bleues ont été découvertes. La baignade y est, là aussi, interdite. Mais en raison de la chaleur et des risques sanitaires, des panneaux d’avertissement supplémentaires ont été installés aux abords de l’étendue d’eau.

Si ces cyanobactéries existent depuis des milliards d’années, la multiplication des pics de chaleur pousse de plus en plus souvent à explorer des points d’eau pour tenter de se rafraîchir.
L’impact du réchauffement climatique sur leur prolifération reste quant à lui peu clair. Mais comme le rappelle l’Anses ((Agence française de la sécurité de l’alimentation, de l’environnement et du travail), "l’augmentation globale des températures et la modification des régimes pluvio-métriques provoquent des modifications dans le fonctionnement des plans et des cours d’eau". Modifications qui "semblent favoriser la prolifération des cyanobactéries". L’agence précise toutefois que les interactions entre tous ces facteurs sont "multiples et encore largement méconnues".

Quels risques? 

Les cyanobactéries présentent plusieurs risques. D’abord pour les écosystèmes. Comme l’explique l’Anses, des quantités importantes de cyanobactéries peuvent "altérer le fonctionnement des écosystèmes en conduisant à une désoxygénation de l’eau, entraînant une mortalité massive de poissons et d’invertébrés".

Pour l’homme, les algues bleues sont hautement toxiques. Dans les cas – rares – les plus extrêmes, l’inhalation ou l’ingestion de cyanobactéries peut être mortelle pour l’homme. Les symptômes sont généralement gastro-intestinaux (gastro-entérites aigües, nausées) mais aussi des états fébriles, des maux de tête, ou encore des irritations cutanées. L’exposition aux cyanobactéries peut également être à l’origine de toxicités hépatiques et de neurotoxicités (comme une paralysie ou des tremblements). Selon l’Anses, les délais d’apparition des symptômes peuvent varier de quelques minutes seulement à quelques heures selon les symptômes, les symptômes cutanés et neurologiques apparaissant généralement plus rapidement.

Les cas d’intoxication humaine restent, cela dit, plus rares que les intoxications animales. Ces dernières années, des cas de mortalité animale – principalement des chiens – ont été imputées à ces cyanobactéries. Chez l’animal, la contamination se manifeste, entre autres, par un tremblement des pattes arrières, une bave excessive, des vomissements ou encore une perte d’équilibre.

Dans tous les cas, la contamination se fait soit directement, par baignade ou des activités nautiques, soit indirectement, via la consommation de denrées contaminées ou par ingestion de l’eau contaminée.

Eviter la contamination 

Quelques gestes simples peuvent être observés pour éviter la contamination aux algues bleues. A commencer par l’observation de l’eau. "Les zones à cyanobactéries ne donnent généralement pas envie de se baigner, il faut donc suivre son pressentiment", conseille Florence Dapples, cheffe de la Division Protection des eaux du canton de Vaud, au micro de nos confrères de RTS. Lorsqu’elles prolifèrent de manière importante, on peut ainsi les reconnaitre par l’épaisse couche mousseuse (fleurs d’eau ou "blooms"), de couleur verte bleutée, qu’elles forment généralement à la surface de l’eau.

Il convient dès lors de ne pas s’aventurer dans le premier point d’eau venu. La Région wallonne recense notamment les sites où la baignade est autorisée. On conseille également de tenir son chien en laisse aux abords des cours d’eau. En cas d’apparition de symptômes dans les heures suivant une baignade, une consultation médicale s’impose.

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