L’eau de pluie contaminée par des produits chimiques aux quatre coins du monde

La pluie est attendue avec impatience après des semaines d'abstinence. Mais l'eau pluviale contaminée par des substances chimiques est loin d'être potable.

une femme sous la pluie
© BelgaImage

Après des semaines de soleil et une sécheresse qui s’intensifie un peu partout en Europe, certains implorent l’arrivée des pluies. Mais l’arrivée de l’or bleu n’est pas que source de vie et de régénération d’une nature asséchée. Comme le relève The Independent, l’eau de pluie est devenue impropre à la consommation. La présence de produits chimiques dans l’atmosphère détériore la qualité de l’eau. Et aucune zone du globe terrestre n’est épargnée. Même les endroits les plus reculés au monde auraient des pluies polluées.

Plus de 7.000 composés chimiques

Les PFAS (Per et polyfluoroalkylées) sont les substances les plus durement nocives retrouvées dans les eaux pluviales. Fortement utilisées depuis les années 50, les PFAS représentent une famille de plus de 7.000 composés largement utilisés dans les textiles, les emballages alimentaires, les mousses anti-incendie, les revêtements antiadhésifs ou encore les cosmétiques.

Ces substances sont associées à de nombreux cancers, à des causes d’infertilité, de déficit immunitaire ou encore de certains problèmes comportementaux. Une récente étude, menée par des chercheurs suisses et parue le 2 août dans le journal Environnemental Science & Technology, révèle que les taux de concentration auraient chuté dans certaines régions du monde, mais de manière largement insuffisante que pour rendre l’or bleu consommable.

Et malgré la baisse de l’utilisation de ces composés dans l’industrie, leur présence risque de durer encore de nombreuses années. Increvables, particulièrement résistantes, les PFAS sont également connues sous le nom de " Produits chimiques éternels ".

L’éternel cycle de l’eau

Pour comprendre la présence de ces composés dans notre atmosphère, il ne faut se tourner que vers l’incompressible cycle de l’eau. Après avoir rejeté ces produits dans les cours d’eau, les mers du monde entier ont été touchées. L’évaporation et la condensation auront fait le reste. Cette réalité ne date pas d’hier puisqu’en 2006, le Conseil mondial de l’eau tirait déjà la sonnette d’alarme : "La crise de l’eau est largement répandue et la poursuite de l’application des politiques en vigueur en matière de gestion de l’eau ne fera qu’étendre et aggraver cette crise."

L’été dernier, en juillet 2021, un scandale écologique frappant la banlieue anversoise nous rappelait que les PFAS ne touchaient pas que l’eau de pluie. Suite à des relevés de taux anormalement concentrés de ces substances, il était recommandé aux citoyens dans un rayon de 15 kilomètres autour d’une industrie de ne plus consommer les fruits ou les légumes de leur jardin.

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