La Méditerranée surchauffe: la mer à plus de 30°, quelles conséquences sur l’environnement?

La mer Méditerranée enregistre cet été des pics de température, parfois au-dessus des 30 °C. Une « canicule marine » qui engendre des répercussions sur la biodiversité.

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Pour les vacanciers un peu frileux, nul doute que c’est une température agréable pour faire trempette. Pour l’environnement et la biodiversité, ce n’est par contre pas une bonne nouvelle. Ces derniers jours, l’eau de la Méditerranée a dépassé localement la barre des 30°C. Dimanche 24 juillet, une bouée, située au large de la côte d’Alistro en Corse (Est), a enregistré "un pic à 30,7°C", selon l’Observatoire météorologique Keraunos.

Avec la répétition de longs épisodes caniculaires ces dernières semaines, combinée à une absence de vent, la surface de la Méditerranée s’est considérablement réchauffée. Selon l’observatoire, les températures observées y sont en moyenne 5°C plus élevées que les normales saisonnières ; le phénomène concerne tout le bassin méditerranéen (Italie, France, Espagne, Maghreb…). Si cette "canicule marine" est particulièrement forte cette année, le phénomène est connu des scientifiques.

Selon un rapport  de WWF, la Méditerranée se réchauffe 20% plus vite que la moyenne mondiale. Son riche écosystème- avec moins de 1% de la surface des océans, elle abrite environ 10% de l’ensemble des espèces marines- déjà fragilisé par la surpêche ou le transport maritime, s’en voit encore plus menacé. Une étude de l’Université de Barcelone et de l’Institut des Sciences Marines (France) a montré que la multiplication des vagues de chaleur a anéanti 80 à 90% des populations de coraux dans certaines zones de la Méditerranée.

Perturbations dans la chaîne alimentaire

De nombreuses espèces souffrent de cette surchauffe. Selon La Provence , 700 espèces marines sont menacées d’extinction en Méditerranée. Les posidonies (des herbes marines), les oursins et les éponges sont spécialement concernés. Ce qui peut poser des problèmes fondamentaux pour les écosystèmes dans leur ensemble, les posidonies étant par exemple de formidables machines naturelles à stocker le CO2.

"Les êtres vivants ancrés dans la roche ou le sable" sont particulièrement concernés car "ils ne peuvent pas se déplacer" vers des eaux plus froides, résumait dans le Figaro Samuel Samot, chercheur au Centre national de recherches météorologiques (CRNM) "Les températures élevées favorisent le développement de maladies" causant leur mort, précisait le chercheur.

Autre impact de la hausse des températures marines : la migration d’espèces du sud de la Méditerranée vers le Nord, ce qui engendre notamment des perturbations sur la chaîne alimentaire marine, ainsi que sur le commerce de la pêche.

Selon des projections, d’ici 2050, les vagues de chaleur devraient être deux fois plus nombreuses que sur la période 1976-2005. "Nous sommes enfermés dans une situation où, d’ici 2050, l’ensemble de l’océan mondial sera proche d’un état de canicule marine presque constant", alertait Robert Schlegel, chercheur à l’Institut de la Mer de Villefranche.

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