Pourquoi les guêpes sont si nombreuses cet été

Les pompiers sont débordés, non pas par les incendies, mais par les nids de guêpes. Cet été, ces insectes volants sont particulièrement envahissants.

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Impossible de ne pas l’avoir remarqué: cette année, les guêpes nous envahissent. Il suffit de pointer son nez à l’extérieur, avec de la nourriture ou des boissons, pour les voir arriver en nombre. Début juillet, déjà, les scientifiques de Natuurpunt prévoyaient une année record pour les guêpes en 2022. Et cela se confirme au regard des interventions des pompiers et sociétés spécialisées.

Pas un jour ne passe sans au moins une demande d’intervention pour la destruction d’un ou plusieurs nids chez des particuliers. Car pour ces cas-là, les remèdes naturels ne suffisent pas. À Bruxelles, les pompiers ont répondu à 218 appels à l’aide, indique Walter Derieuw, porte-parole des pompiers bruxellois débordés, à nos confrères de Bruzz. En 2020, ils en avaient reçu 200. Or, nous ne sommes qu’à la moitié de l’été. Du côté des sociétés privées aussi, les interventions ont facilement doublé par rapport à l’année passée, souligne John Smet de la société Hornet Killer à la RTBF.

Cette tendance se confirme aussi en Flandre, avec 8.200 nids de guêpes détruits dans le Limbourg, aux Pays-Bas, avec cinq fois plus de ces petites bêtes volantes à Amsterdam, et encore en France, où les interventions sont également en nette augmentation, surtout dans le sud du pays.

Trop chaud

Le responsable de ce retour en force est le réchauffement climatique. Les conditions météorologiques de ces derniers mois ont été plus favorables à la survie et à la prolifération des guêpes, avec un hiver très doux, suivi d’un printemps relativement sec et ensoleillé. En temps normal, la grande majorité des guêpes ouvrières meurent durant la période d’hibernation en raison du froid.

Et cela ne pourrait que commencer. Vu les prévisions des écologistes pour l’avenir de la planète, cette abondance de guêpes pourrait devenir une habitude. "Si ces conditions météorologiques liées au changement climatique deviennent récurrentes, nous pouvons effectivement nous attendre à connaître des années où la présence de ces insectes est plus importante", explique au Vif Frédéric Francis, professeur et responsable de l’unité d’entomologie de l’Université de Liège. C’est également à cause du réchauffement climatique que la plus grande guêpe d’Europe a été observée pour la première fois en Belgique. Et celle-ci donne encore moins envie de la croiser en terrasse.

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