Vague de chaleur: nos recommandations pour garder la tête froide

Hydratation, rayonnement solaire, pollution de l’air… Ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire durant les périodes de canicule pour garder la tête froide et rester en bonne santé.

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Alors que tout le monde y va de son petit conseil, son remède de grand-mère, voire ses fausses bonnes idées, il n’était pas inutile de consulter des spécialistes pour recueillir leurs recommandations, certaines évidentes, d’autres méconnues.

L’ennemi: la déshydratation

La meilleure habitude à prendre lorsque le soleil tape particulièrement fort, c’est, bien sûr, de s’hydrater en suffisance: entre 1,5 litre et 2 litres d’eau par jour à tout âge. La bière en terrasse est tentante, mais pas indiquée: l’alcool déshydrate. On entend également souvent que les boissons chaudes désaltèrent. C’est vrai, lorsqu’elles ne sont pas trop chaudes, mais évitez le thé et le café, qui ont un effet diurétique. Préférez les tisanes. À l’inverse, boire des liquides trop froids n’est pas recommandé, en raison du choc thermique.

Attention à ceux qui ont des maladies chroniques ou de l’insuffisance rénale, le risque de déshydratation peut être accru à cause de certains médicaments, notamment les diurétiques. Voyez votre médecin pour adapter la posologie et discuter des meilleurs comportements à adopter, détaille le docteur Guy Delrée, généraliste à Marche-en-Famenne. Par ailleurs, surveillez toute perte de liquide causées par les vomissements ou les diarrhées par exemple.” Les personnes les plus âgées doivent également veiller à boire même si elles n’en ressentent pas le besoin. “Progressivement, avec l’âge, on perd la sensation de soif. Il faut donc essayer de prendre des automatismes. Par exemple, remplir une bouteille d’eau le matin et s’obliger à la boire entièrement sur la journée.” Pour vérifier votre degré d’hydratation, observez la couleur de vos urines. “Si elles sont trop concentrées, c’est que vous ne buvez pas assez. C’est un moyen simple et accessible à tous de s’autoanalyser.

Marche à l’ombre

Côté nourriture, les aliments gras sont moins faciles à digérer lorsqu’il fait chaud. Privilégiez des repas frais, les crudités et les fruits, qui offrent aussi un apport hydrique bienvenu. Par beau temps, le Belge adore les barbecues, or ces derniers peuvent rapidement poser problème. On a trop vite tendance à laisser la nourriture longtemps au soleil, crue ou cuite, ce qui est vivement déconseillé. “Prudence avec l’hygiène des mains. Chaque année, des maladies graves sont causées par des personnes qui ne se sont pas lavé les mains et qui sous-cuisent des viandes au barbecue, notamment le poulet, souligne le docteur Timothée Mairesse, généraliste à Erquelinnes. Ça n’arrive pas souvent, mais quand c’est le cas, c’est catastrophique.

L’idéal est évidemment d’éviter un maximum le contact direct avec les rayons du soleil. Pour préserver la fraîcheur à l’intérieur de votre habitation, il est recommandé d’aérer le soir et la nuit, quand il fait frais et également de garder les rideaux fermés face au soleil. Évitez également les longues cuissons au four qui réchaufferont votre cuisine. En extérieur, ne vous exposez durant les heures les plus chaudes de la journée, soit de midi à 15-16h. Privilégiez l’ombre, mais ne croyez pas qu’elle vous protège totalement. “Une erreur courante est de croire qu’on y est protégé des UV, mais certains rayons passent dès qu’on est dehors, peu importe où, poursuit le docteur Mairesse. C’est particulièrement nécessaire chez les enfants de 0 à 6 ans, une période où ils peuvent développer des lésions cutanées qui pourraient s’aggraver à l’avenir. Cela augmente le risque de développer des pathologies cutanées plus tard telles qu’un mélanome. Et évidemment, cela reste important après 6 ans.” Côté garde-robe, il vaut mieux se couvrir la tête, et porter des vêtements légers et amples. Clairs ou foncés? “On dit souvent que les vêtements blancs réfléchissent la lumière et que les habits noirs l’absorbent. C’est vrai, mais c’est le tissu qui chauffe. Cela n’a pas vraiment d’incidence sur la température de la peau.” Les personnes qui souffrent d’insuffisance veineuse ne doivent pas abandonner leurs habitudes. “Lors de canicule, le risque d’avoir les pieds qui gonflent est plus élevé que d’habitude. Il est donc préférable d’éviter de rester assis avec les jambes par terre. La solution idéale n’est pas populaire: les bas de contention. Même si personne n’a envie de porter ça quand il fait chaud”, commente le docteur Delrée.

L’ozone en remet une couche

Amateur de sport? Ne vous privez pas de votre activité physique habituelle à cause de températures caniculaires. Évitez tout de même d’organiser des matchs intensifs, de tennis par exemple, en plein soleil. “Il est préférable de faire du sport en extérieur et aux heures fraîches du matin. Plutôt de la course à pied ou du vélo”, explique le docteur Antoine Froidure, pneumologue aux Cliniques Saint-Luc et professeur à l’UCLouvain. Il met cependant en garde face à un danger encore trop méconnu durant les fortes chaleurs: la pollution à l’ozone. Le trafic, encore plus lors des départs en vacances, est responsable d’émissions de gaz accrues. Parmi ces gaz, l’oxyde d’azote, combiné aux rayons UV, produit de l’ozone, irritant pour les voies respiratoires. Les régions urbaines et périurbaines sont donc fortement polluées à l’ozone lors de canicules. Surtout lorsque le vent est faible, l’ozone restant en suspension. “Il est dangereux pour les voies respiratoires, augmente le risque de maladies cardiovasculaires et d’AVC, est irritant pour les poumons et peut provoquer des inflammations générales, continue l’expert. Les personnes souffrant de maladies respiratoires, même bénignes comme de l’asthme ou des bronchites chroniques sont beaucoup plus à risques en cas de forte concentration d’ozone.

Alerte au smog

Lors des bulletins météo, le taux de pollution de l’air est indiqué. Lorsqu’un seuil dangereux est atteint, environ 120 microgrammes d’ozone par mètre cube, une alerte smog est mise en place. À noter que l’ozone étant irritant pour les voies respiratoires, le sport en plein air est, si possible, à privilégier le matin. “À ce moment-là, l’ozone n’a pas encore eu le temps de se concentrer”, indique le professeur Froidure, qui invite tout de même la population à essayer de garder un rythme de vie aussi habituel que possible. “Globalement, les gens peuvent et doivent vivre normalement en tenant compte des dangers des pics de chaleur. Avec une attention aux enfants, aux femmes enceintes et aux personnes âgées. Quant aux personnes souffrant d’affection cardiovasculaire ou respiratoire, la prudence est primordiale.

Retrouvez notre dossier de la semaine Résister à la chaleur

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