Les pneus plus polluants que les gaz d’échappement

Mauvaise nouvelle pour les voitures électriques, notamment. Les pneus produisent beaucoup plus de particules polluantes que les gaz d'échappement.

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Avec neuf millions de morts par an, la pollution est reconnue comme la plus grande menace environnementale pour la santé humaine. C’est pourquoi les autorités du monde entier multiplient les décisions entourant le marché automobile, en particulier leurs moteurs. L’exemple le plus récent est au niveau européen, avec la fin des moteurs thermiques neufs d’ici 2035. Cependant, les gouvernements devraient également se pencher sur une autre partie, insoupçonnée, des voitures: les pneus.

Selon une étude menée par le laboratoire britannique Emission Analytics, ces indispensables roues sont en effet responsables de près de 2.000 fois plus d’émissions de particules polluantes que gaz d’échappement. Notamment en raison du poids, de plus en plus élevé, des véhicules. Notons toutefois que l’on parle ici uniquement de particules, et non de gaz à effet de serre.

Toxique et cancérogène

Les tests, réalisés avec quatorze marques de pneus sur une Mercedes Classe C, révèlent que ces derniers émettent des quantités astronomiques de particules ultra-fines (moins de 23 nanomètres): un trillion d’entre elles sont relâchées en moyenne pour chaque kilomètre parcouru. Composés d’un large panel de produits toxiques ou cancérogènes – sans même parler de leur recyclage -, les pneus polluent l’air, mais aussi les sols, l’eau… et nos corps car la finesse des particules qu’ils rejettent peuvent atteindre les organes par la circulation sanguine.

"Les pneus sont clairement en train d’éclipser le pot d’échappement en tant que source majeure d’émissions de particules de la part des véhicules", explique au Guardian Nick Molden, de l’organisme indépendant qui a mené ces recherches. "Les pots d’échappement polluent désormais si peu que, si l’on devait commencer aujourd’hui sur ces bases, on n’aurait même pas à les réguler."

Comme d’autres, le chercheur appelle à une régulation rapide de la fabrication de pneumatiques. "Il ne s’agit pas d’empêcher les gens de conduire ou d’inventer de nouveaux pneus complètement différents, rassure-t-il. Si vous pouviez éliminer la pire moitié, et peut-être les aligner sur les meilleurs de la classe, vous pouvez faire une énorme différence. Mais pour le moment, il n’y a pas d’outil de régulation, il n’y a pas de surveillance."

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