Prévues pour 2080, ces tempêtes extrêmes sont déjà là

Selon une étude israélienne, les tempêtes hivernales observées dans l’hémisphère sud ont un degré d’intensité que les modèles climatiques ne prévoyaient pas avant plusieurs décennies.

réchauffement climatique climat Giec étude tempête hivernales extrêmes prévisions Weizmann
@BELGAIMAGE

Ouragans, cyclones, inondations, canicules… avec le réchauffement climatique, les événements météorologiques extrêmes vont devenir monnaie courante. Certains le sont déjà. C’est le cas des tempêtes hivernales extrêmes, particulièrement dans l’hémisphère sud. Selon une étude publiée le 26 mai dans Nature Climate Change, ces tempêtes caractérisées par d’intenses chutes de neige, de glace ou de grésil se sont considérablement intensifiées de l’autre côté du globe.

Au point de remettre en question la capacité des modèles climatiques à anticiper avec précision l’impact de l’Homme et de ses émissions de gaz à effet de serre sur la planète. Jusqu’ici, les rapports du Giec ne prévoyaient une intensification des tempêtes hivernales qu’à partir de la fin du siècle. En comparant les modèles du Giec aux observations actuelles, les chercheurs de l’Institut Weizmann des sciences se sont aperçus que dans l’hémisphère sud, ces tempêtes ont déjà atteint les niveaux prévus pour 2080.

Des modèles climatiques à affiner

"Cette intensification est due à des changements dans la structure du “jet stream”, ce sont des vents forts qui circulent d’ouest en est dans la haute troposphère (couche de l’atmosphère entre la surface du globe et la stratosphère NDLR), qui sont en partie responsables de la formation des tempêtes", détaillait pour Le Huff Post Rei Chemke, le chercheur qui a dirigé l’étude. Dans un effet de rétroaction, ces tempêtes, conséquences du réchauffement climatique, finissent par influer à leur tour sur celui-ci. "Ces tempêtes ont un impact significatif, affectant le transfert de chaleur, d’humidité et de quantité de mouvement dans l’atmosphère, ce qui affecte par conséquent les différentes zones climatiques de la Terre", précisait Rei Chemke.

Pour les scientifiques, l’arrivée précoce de tempêtes plus puissantes laisse entendre que le dérèglement du climat pourrait être plus intense encore que prévu. Les résultats de cette étude questionnent en tout cas l’acuité des modèles de prévision. "Les modèles climatiques actuels sous-estiment gravement l’intensification des trajectoires des tempêtes aux latitudes moyennes au cours des dernières décennies", ont alerté les chercheurs.

Le Nord moins impacté (pour l’instant)

Dans le cas des tempêtes hivernales, les modèles n’ont pas réussi à évaluer correctement les propriétés des masses d’air responsables des tempêtes. Pour les chercheurs, ces résultats soulignent l’importance d’améliorer les modèles climatiques actuels, qui restent des outils indispensables pour étudier l’impact de l’activité humaine sur la planète.

Dans leur étude, les chercheurs de l’Institut Weizmann se sont intéressés exclusivement sur les tempêtes de l’hémisphère sud, dont l’intensification a jusqu’ici été plus marquée que dans le Nord. Des niveaux similaires pourraient toutefois être observés bien plus tôt que prévu, de ce côté du globe également. En janvier 2022, la tempête Izzy frappait la côte Est des États-Unis, provoquant des perturbations dans les transports routiers et aériens, et coupant le courant pour plus de 230.000 personnes.

 

Sur le même sujet
Plus d'actualité