Comment des crabes aggravent inondations et sécheresses en Belgique

Un nouveau crabe présent dans les rivières belges a un tel impact sur son environnement qu'il exacerbe les phénomènes climatiques.

Crabe à mitaines chinois
Le crabe à mitaines chinois @BelgaImage

Connaissez-vous le crabe chinois? Il s’agit d’une des rares espèces de crabes qui s’adapte aussi bien au milieu marin qu’à celui des rivières. Pour le trouver, pas besoin de se rendre dans l’Empire du Milieu. Il suffit d’aller en Flandre, où sa population ne cesse de croître. Un phénomène qui intrigue les chercheurs de l’Université d’Anvers qui viennent de publier une étude sur le sujet. Leur conclusion: cette évolution est si forte qu’elle a un impact inquiétant sur l’environnement.

Un solide hybride

Pour être précis, il ne s’agit pas vraiment du crabe chinois. Il y ressemble mais l’étude a conclu que leur ADN n’était pas tout à fait le même. Il s’avère qu’une autre espèce, japonaise cette fois, a légué une partie de son patrimoine génétique. "Cela indique que nous avons affaire à un hybride, un mélange des deux espèces", indique à Nieuwsblad le professeur Jonas Schoelynck. En clair, les crabes chinois et japonais, tous deux arrivés chez nous avec les navires venus d’Extrême-Orient, se sont avérés assez proches l’un de l’autre pour s’accoupler. De leur union est née ce nouveau crabe à mitaines qui se plaît si bien aujourd’hui en Flandre.

Mais s’il prospère dans les rivières belges, ce n’est pas pour rien. Ce que les scientifiques anversois ont découvert, c’est que ce crabe, connu pour être plus agressif, est aussi plus résistant, d’où la croissance constante de leur population durant ces deux dernières décennies. Un véritable problème quand on sait que ces petits bagarreurs s’attaquent non seulement aux autres animaux aquatiques mais aussi à la nature. Dans la Grande Nèthe, un sous-affluent de l’Escaut, ils ont causé tellement de dégâts que certaines plantes de la rivière ont tout simplement disparu.

Sécheresses et inondations exacerbées

Commence alors un cercle vicieux. Puisque ces crabes ravagent la biodiversité des cours d’eau, c’est tout l’écosystème qui en prend un coup. "La disparition de ces plantes accélère le rejet de l’eau dans la mer. Autrement dit, l’eau peut moins s’infiltrer dans le sol, ce qui peut conduire à la sécheresse. D’autre part, vu que l’eau coule aussi plus vite, le risque d’inondations est lui aussi augmenté", s’inquiète Jonas Schoelynck auprès de la VRT.

Une piste serait donc de réduire cette population de crabes à mitaines si encombrante. Oui, mais à cause de sa capacité naturelle à mieux résister que ses ancêtres, la tâche s’annonce loin d’être facile.

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