Quels sont les dangers des microplastiques ?

Le sujet est sur (presque) toutes les lèvres et défraie de plus en plus la chronique. Le micro plastique est partout. Mais quels sont ses effets sur l’environnement et notre santé ? Le problème devient de plus en plus sérieux…

Plastique sur une plage du Brésil
© Belga Image

Le mois dernier, nous apprenions que des scientifiques avaient découverts des traces de microplastiques dans notre sang et dans nos poumons. Le 7e continent, celui constitué uniquement de nos déchets plastiques ne cesse de s’étendre dans le Pacifique. Il faisait en 2018 plus de trois fois la taille de la France et aurait depuis encore grandi, pour atteindre la taille de 3,5 millions de km2, soit 1/3 de l’Europe ou 6 fois la taille de l’Hexagone pour les plus chauvins d’entre nous.

La bonne nouvelle dans cette histoire, c’est que les recherches sur les microplastiques et leurs effets sur notre environnement explosent. Malheureusement, les bonnes nouvelles s’arrêtent là. Parce que plus on en apprend sur ces particules, plus le constat est alarmant.

Déjà, il ne fait plus aucun doute sur le fait que nous avons pollué toute la planète, du sommet du mont Everest au plus profond des océans, le plastique est partout. Aujourd’hui, avec quasi-certitude, nous mangeons, buvons, respirons des microplastiques. Les conséquences de cette réalité sur notre santé sont encore floues, mais les premières études ne sont pas réjouissantes.

Les microplastiques, c’est quoi exactement ?

On retrouve de plus en plus de microplastique dans les océans. Les Nations Unies avaient déclaré en 2017 que les océans contenaient plus de 51 trillons de particules, environ 500 fois plus que le nombre d’étoiles dans la galaxie.

Il s’agit de minuscules morceaux de plastique qui mesurent généralement moins de 5 millimètres. Ces débits contiennent bien souvent des additifs, tel que des stabilisants ou des agents ignifuges qui peuvent être plus que nuisibles pour les humains ou les animaux qui les ingèrent.

On distingue deux catégories de microplastique en fonction de la source dont ceux-ci proviennent.

  • Les microplastiques primaires sont directement rejetés dans l’environnement sous forme de particules. On estime actuellement qu’ils représentent entre 15 et 31% de la totalité des microplastiques des océans. Parmi ces microplastiques primaires, 35% proviennent du lavage des vêtements synthétiques du fait de leur présence dans ces matières synthétiques tandis que 28% sont issus du frottement des pneus sur les routes. Enfin, 2% proviennent de certains cosmétiques dans lesquels ils sont ajoutés volontairement.
  • Les microplastiques secondaires sont issus de la dégradation ou de la transformation d’objets plastiques plus grands déjà en mer comme les sacs ou les bouteilles. Après une immersion dans l’eau et une exposition au soleil prolongée, ces déchets se dégradent en morceaux plus petits pour finalement former des microplastiques. Les microplastiques secondaires représentent entre 70 et 80% des microplastiques retrouvés dans les océans.

En eaux troubles

Le premier problème de ces particules est son omniprésence dans nos océans. Les poissons et fruits de mer se trouvdent donc en première ligne et sont très souvent contaminés par les microplastiques. À Lagos, au Nigeria – la plus grande ville d’Afrique de l’Ouest – on a trouvé d’abondants microplastiques dans l’eau potable. Les mêmes polluants se sont également avérés omniprésents dans les eaux côtières de l’Australie du Sud et dans les moules bleues qui y vivent.

Cependant le problème ne se limite plus seulement à nos océans. Les champs dans lesquels les cultures vivrières sont cultivées pourraient être encore pire. Il se trouve que nos champs sont de plus en plus fertilisés au moyen de boues d’épurations et, une nouvelle étude a montré, que ces boues peuvent contenir de nombreux microplastiques. En extrapolant leurs résultats à travers l’Europe, les scientifiques ont estimé que 42000 tonnes de microplastiques sont déversées dans les sols agricoles chaque année.

" L’épandage de boues sur les terres agricoles pourrait en faire l’un des plus grands réservoirs mondiaux de pollution par les microplastiques ", a déclaré James Lofty, de l’Université de Cardiff, au Pays de Galles. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture a déclaré en décembre que la façon " désastreuse " dont le plastique est utilisé dans l’agriculture à travers le monde menace la sécurité alimentaire et peut-être la santé humaine.

" Le rapport constitue un appel pressant à une action décisive pour freiner l’utilisation désastreuse des plastiques dans les secteurs agricoles ", a déclaré Maria Helena Semedo, directrice générale adjointe de l’Organisation des Nations Unie pour l’Alimentation et l’Agriculture (ONUAA).

" Les sols sont l’un des principaux récepteurs des plastiques agricoles et sont connus pour contenir de plus grandes quantités de microplastiques que les océans ", a-t-elle déclaré. " Les microplastiques peuvent s’accumuler dans les chaînes alimentaires, menaçant la sécurité alimentaire, la salubrité alimentaire et potentiellement la santé humaine. "

Des conséquences directes sur notre nourriture et notre santé

Un cas particulier au sujet des microplastiques est qu’ils peuvent transporter des pathogènes et une autre nouvelle étude a révélé que des parasites infectant les humains et les chats pouvaient s’accrocher aux microplastiques. Cela signifie qu’ils peuvent voyager dans l’océan et contaminer les poissons et fruits de mer pour réinfecter les humains qui les mangent. " Les microplastiques peuvent en fait déplacer les germes, et ces germes finissent dans notre eau et dans nos aliments ", a déclaré Karen Shapiro, professeur à l’Université de Californie.

Cependant, la recherche sur les dommages potentiels de cette omniprésence de microparticules ne fait que commencer et piétine. Mais il est déjà certains que la consommation d’aliments contentant des microplastiques (et ils sont légion) causerait des dommages aux cellule humaines avec potentiellement des conséquences sur le cœur, le foie et les reins. Selon la communauté scientifique, les microplastiques contaminent aussi les bébés, dont le corps étant en plein développement, se retrouvent très sensible aux produits chimiques et/ou toxique. Et il semblerait aussi que ces particules peuvent passer de la mère au fœtus.

Une pollution meurtière

En parallèle, la pollution chimique est aussi de plus en plus étudiée et il y a désormais une grande quantité de preuves de la relation de cause à effet entre la pollution chimique et l’obésité par exemple. Et un grand nombre des produits chimiques qui seraient responsables de cela se retrouvent dans les plastiques.

De plus, on en parlait il y a quelques semaines, mais nous avons découvert que la pollution atmosphérique était responsable de la mort de 9 millions de personnes, soit 1 décès sur six. Dépassant de très loin le nombre de décès causé par la circulation routière, le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose combinés.

Il n’en demeure que l’ampleur des conséquences sur notre environnement et notre santé de ces particules de microplastiques reste assez trouble. Il apparait cependant de limier de toute urgence l’utilisation de plastique et de faire le grand ménage afin d’arrêter d’aggraver la situation problématique que nous connaissons.

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