Sécheresse: qu’ont apporté les intempéries des derniers jours?

Après des semaines de quasi-absence de pluies, les intempéries intenses des derniers jours n'auront eu qu'un impact limité sur la sécheresse actuelle.

Sécheresse: qu’ont apporté les intempéries des derniers jours?
Illustration. (@Belga Image)

Depuis plusieurs semaines, la sécheresse préocuppe. Le mois de mars 2022 a été le plus sec des mois de mars depuis 1833 (soit le début des observations à Uccle) avec 2,2mm de précipitations (contre 59 en temps norma). Plus largement, ce printemps 2022 (mars-avril-mai) aura été particulièrement sec.  En ce 22 mai, une très large majorité du pays (à l’exception du sud-est) affiche un indice sécheresse " extrêmement sec " sur la carte de l’Institut Royal de Météorologie (IRM). Les autres zones sont en situation " très sèches ". Et cela devrait rester le cas jusqu’à la fin du mois au moins.

Même les intempéries de ces derniers jours, aussi intenses ont-elles été, n’ont pas permis d’inverser véritablement la tendance. Et pour cause, la quantité de pluie tombée n’a pas été suffisante, selon l’IRM, pour " éliminer le déficit pluviométrique " – soit compenser des semaines de sécheresse.  " On reste clairement dans une situation extrêmement déficitaire" , note à cet égard Pascal Mormal, du service climatologie de l’IRM, à nos confrères de La Libre. Il souligne toutefois que ces intempéries auront permis de ne pas faire du mois de mai un mois " historiquement " sec: " Les pluies de ces jeudi et vendredi (cumul arrêté à 15h30) ont permis de dépasser les 69 mm du printemps de 1976, avec lequel 2022 est jusque-là ex aequo" .

Si la pluie pourrait encore tomber en ce début de semaine, l’IRM estime, tenant compte de ces précipitations, que le total pour ce printemps 2022 sera d’environ 80 mm. Soit le 5e printemps le plus sec enregistré à Uccle (station de mesure).

Comment expliquer ces faibles précipitations? 

Le temps particulièrement sec de ce printemps a été déterminé, explique l’institut, " par des systèmes anticycloniques qui se sont situés à plusieurs reprises au-dessus de nos régions" . Certaines de ces zones ont ainsi formé " un blocage détournant les perturbations accompagnées d’averses" .

Le réchauffement climatique y est également pour quelque chose. Si la sécheresse est un phénomène dont la cause est multi-factorielle, l’IRM avance qu’en Europe (et donc en Belgique) " on peut dire que le réchauffement climatique augmente le risque de sécheresse et l’aggrave également" . L’institut spécialisé pointe d’ailleurs que les sécheresses observées ces dernières années au printemps correspondent aux prévisions des modèles climatiques pour notre région. " Lorsque la température moyenne augmente, l’air plus chaud peut contenir plus de vapeur d’eau, avant de devenir saturé, et il faudra plus de temps pour qu’il pleuve ".

Une répercussion en été? 

Ces printemps, de plus en plus secs, sont d’autant moins anodins qu’ils ont parfois des conséquences sur la saison estivale.  " Ce n’est pas systématique, mais un printemps sec peut être l’amorce d’un été sec" , explique Pascal Mormal dans les colonnes de la Libre. " Des sols très secs signifient moins d’évaporation d’humidité, donc moins de situations favorables au développement de précipitations" . Après un été 2021 particulièrement pluvieux, se dirige-t-on dès lors vers une saison estivale très sèche elle aussi?  Les prévisions saisonnières pour cet été planchent sur des températures supérieures à la normale pour une grande partie de l’Europe. Selon La Libre, elles tablent, pour la Belgique, sur 50 à 60% de probabilité " d’un été significativement plus sec que la normale" .

Pas d’inquiétude toutefois, à priori, pour les nappes phréatiques de notre plat pays. Selon la Cellule d’expertise sécheresse de Wallonie, les quantités disponibles sont, contrairement à nos voisins français, " globalement bonnes suite à une recharge hivernale satisfaisante" . " Il n’y a pour l’instant pas de préoccupation à avoir en matière d’approvisionnement en eau potable ", assure Pascal Mormal à la Dernière Heure.

Les autorités wallonnes, qui se sont réunies ce 17 mai, ont toutefois déjà conseillé aux particuliers qui disposent de citernes à eau de pluie de la remplir " à débit modéré quand la demande en eau est la plus faible pour ne pas faire chuter la pression dans le réseau en heures de pointe" .

 

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