Hydrogène ou gaz: quelle est la meilleure énergie?

Le roi est revenu d’Oman avec un plan d’avenir dans ses valises. De son côté, l’UE continue de se reposer sur ses fossiles.

gaz énergie
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Hydrogène

Le roi dans les Émirats
Le couple royal est rentré des Émirats arabes unis et du sultanat d’Oman en particulier avec un bel avenir pour l’hydrogène vert local. Ce dernier y est produit à base d’énergie solaire et éolienne, dont la transformation vers le H2 permet de faciliter le transport vers l’Europe.

De bonnes conditions
Le gouvernement De Croo avait déjà fait part de sa volonté de faire de la Belgique un hub d’importation et de transit de l’hydrogène renouvelable, venu d’Oman ou encore de Namibie et du Chili. Cela pourrait créer d’ici 2030 10.000 emplois. Mieux: en produisant jusqu’à 365 TWh d’hydrogène d’ici 2050, la Belgique pourrait atteindre la neutralité carbone.

La meilleure solution?
L’hydrogène devrait toutefois assez peu servir à produire du carburant pour les voitures ou les avions, même si certains experts défendent cette idée. Il serait surtout utile dans les secteurs industriels, lorsque l’électrification est difficile à mettre en place.

Les ONG satisfaites, mais…
Greenpeace, Inter-Environnement Wallonie et Bond Beter Leefmilieu ont rappelé que le développement de la filière hydrogène ne justifiait pas la prolongation de notre dépendance à l’énergie fossile. D’autre part, il reste plus efficace d’utiliser l’électricité renouvelable directement plutôt que de la convertir en hydrogène.

roi oman avec le roi philippe

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Gaz

Label vert européen
L’UE a octroyé le label “vert” au gaz et au nucléaire. Cette taxonomie des activités durables doit aider les investisseurs à mieux choisir les produits qu’ils ­financent. Elle aidera donc le gaz et l’atome, pourtant controversés, à mobiliser des fonds privés.

Sous conditions
Les investissements seront considérés “durables” si le permis de construire a été délivré avant 2030 et si la centrale au gaz remplace une centrale à charbon. En 2035, elle devra en outre fonctionner avec du gaz renouvelable ou de l’hydrogène. Par ailleurs, la ­Commission entend réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique de 26 % aujourd’hui à 15 % en 2050.

Le moins mauvais?
La Commission admet que ni le nucléaire, en raison des déchets radioactifs, ni le gaz, émetteur de CO2, ne sont “verts ou durables”. L’objectif serait d’utiliser ces options pour réduire les 15 % de l’électricité européenne provenant encore du charbon.

Un plan peu convaincant
Le plan est considéré par certains pays (Autriche, ­Danemark, Espagne, notamment) comme un échec. Si le nucléaire et le gaz ont reçu le label, c’est surtout en raison des pressions de la France, qui investit encore dans l’atome, et de l’Allemagne, qui mise sur le gaz pour sortir du nucléaire. Quoi qu’il en soit, jamais les objectifs de Paris ne seront atteignables de cette manière.

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