E-commerce: quel impact sur l’environnement ?

Paul Magnette, a dit vouloir une Belgique « sans e-commerce », la vente en ligne étant notamment, selon le président du PS, une « régression écologique ».

e-commerce impact environnement pollution gaspillage Paul Magnette amazon
@BELGAIMAGE

Une Belgique pleine de " vrais " magasins et débarrassée de l’e-commerce : l’interview de Paul Magnette parue lundi dans l’hebdomadaire flamand Humo a fait beaucoup réagir. Sous la cascade de réactions, le président du PS a fini par préciser que non, il n’était " pas question de faire disparaître tout l’e-commerce ". Sa sortie, a depuis expliqué le socialiste, visait avant tout le modèle d’Amazon et celui des grandes multinationales qui, à chaque seconde, expédient des colis aux quatre coins du globe.

Il n’empêche : au-delà de ses aspect sociaux (travail de nuit, flexibilisation, etc.), l’impact environnemental de la vente en ligne, qu’elle soit le fait des géants du net ou de petits artisans locaux, mérite d’être questionné. C’est que le secteur du commerce en ligne a explosé en Belgique : en 2020, près de 108 millions de transactions ont été enregistrées (+26,5% par rapport à 2019) ; en moyenne, des dépenses de 279 euros étaient effectuées… chaque seconde.

Multiplication des livraisons

Défenseurs et détracteurs de l’e-commerce s’opposent sur la question de son bilan environnemental, rapports à l’appui. Financé par Amazon ( !), un rapport du cabinet de conseil Oliver Wyman notait ainsi que " les achats en magasin entraînent en moyenne deux à trois fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que les achats en ligne ". Et ce, parce qu’une camionnette remplie de colis émettrait moins de CO2 qu’une dizaine de consommateurs ayant fait le déplacement jusqu’au magasin au volant de leur véhicule personnel.

Un argument contré par le Conseil national des centres commerciaux, qui, affirmait au contraire que les galeries marchandes françaises présentaient un meilleur bilan carbone, les clients y achetant en moyenne 6,3 produits.

Ce qui semble décisif dans la balance, c’est la fréquence des livraisons. Or, le modèle actuel de la vente en ligne, sur la pression d’Amazon&co, privilégient des livraisons de plus en plus rapides et à domicile. Contrairement à une livraison en " point-relais ", la livraison à la maison implique généralement une multiplication des trajets. Selon une étude belge, l’impact environnemental d’une livraison diminue si celle-ci se fait en point de dépôt. Et le renvoi gratuit, qui est souvent mis en avant comme argument de vente, ne pousse pas non plus à limiter les trajets.

Selon un sondage réalisé par Greenpeace, un quart des colis commandés par les Allemands de moins de 30 ans seraient retournés à l’expéditeur. Pour éviter de stocker ces article réexpédiés, Amazon mettrait d’ailleurs en place un système " de destruction massive ", selon une ex-employée.

Emballages polluants

Le bilan environnemental de la vente online s’alourdit encore si l’on prend en compte l’emballage des produits. Aux Etats-Unis où plus de 100 milliards de colis sont envoyés par an, l’Agence de Protection de l’Environnement a évalué que les emballages du shopping en ligne représentaient 30% des déchets solides produits par les ménages. La taille des emballages joue aussi : selon une étude effectuée sur 621 paquets envoyés en Belgique, le taux de remplissage des colis ne serait que de 63% en moyenne. Réduire de 20% la taille de l’emballage permettrait donc d’économiser de l’espace de chargement, et donc d’utiliser moins de camions.

Selon BeCommerce, l’organisation qui représente les entreprises actives sur le marché numérique belge, le consommateur peut toutefois concilier achats en ligne et écologie, notamment en choisissant judicieusement le lieu et le moment de la livraison, en évitant le renvoi de colis ou en groupant ses commandes.

Sur le même sujet
Plus d'actualité