Amazonie: +56% de déforestation au Brésil, incendies records en Colombie

La présidence de Jair Bolsonaro a vu l'Amazonie se réduire comme peau de chagrin. Une déforestation qui crée un cercle vicieux.

Feu de forêt en Amazonie colombienne
Feu de forêt en Amazonie colombienne, le 4 février 2022 @BelgaImage

Pendant le mandat du président brésilien Jair Bolsonaro, la déforestation en Amazonie a fortement augmenté. La superficie déboisée entre août 2018 et juillet 2021 a augmenté de 56,6% par rapport à la période d’août 2015 à juillet 2018, a rapporté vendredi le portail d’information G1 sous l’autorité de l’Ipam Institute for Amazon Environmental Studies. En parallèle, les dernières données montrent qu’en Amazonie colombienne, janvier 2022 a été le mois le plus chaud au cours de la dernière décennie, entraînant une multiplication des feux de forêt dans cette région du sud-est de la Colombie, avec un très probable impact sur la qualité de l’air jusque dans la capitale Bogota.

Brésil: la mauvaise influence du président

La déforestation a nettement augmenté, en particulier dans les zones protégées et sur les terres appartenant aux communautés autochtones. Bolsonaro a été élu président fin octobre 2018 et a pris ses fonctions début 2019. Il voit surtout le potentiel économique inexploité de la région amazonienne et veut ouvrir encore plus de surface pour l’agriculture, l’exploitation minière et la production d’énergie. Les critiques l’accusent de créer un climat dans lequel les agriculteurs se sentent encouragés à prendre également illégalement des terres pour l’agriculture. De plus, il a affaibli les autorités environnementales et de contrôle.

"Nous sommes sur une voie qui va à l’opposé de ce dont la planète a besoin en ce moment", a déclaré la directrice scientifique d’Ipam, Ane Alencar. "La destruction de l’Amazonie va trop vite, on ne peut pas s’y habituer".

Colombie: moins de forêt, moins de pluie, plus de chaleur, plus de feux

Selon un rapport du ministère de l’Environnement auquel l’AFP a eu accès vendredi, le mois de janvier a enregistré la "valeur la plus élevée de points chauds au cours des dix dernières années" dans l’Amazonie colombienne. Le phénomène se produit, ajoute le ministère, lorsque le pays traverse une saison de faibles précipitations. Elle est due aux "activités anthropiques", c’est-à-dire aux activités humaines, dont "la plus importante est associée aux fronts de déforestation", ajoute le rapport.

Au moins 80% de ces "points chauds" sont des feux de forêt, a expliqué à l’AFP un porte-parole du ministère.
Fin janvier, le ministère a recensé plus de 3.300 "points chauds" dans les six départements qui composent l’Amazonie colombienne, dont 1.300 dans la seule région du Guaviare. Selon des témoignages recueillis par l’AFP en octobre dans cette région, paysans et propriétaires terriens profitent de la saison sèche, de janvier à avril, pour brûler les arbres coupés, planter à la place des plants de coca ou y laisser paître le bétail. Sont notamment menacés le parc national de la Serrania del Chiribiquete, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, tout comme la réserve naturelle nationale de Nukak, un vaste territoire de jungle habité par ces derniers indigènes nomades de Colombie.

La Fondation pour la conservation et le développement durable (FCDS), qui tient son propre décompte et survole régulièrement les zones concernées, a enregistré au moins 938 feux de forêt, le chiffre le plus élevé pour un mois de janvier depuis 2012. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux par cette ONG, spécialisée dans le suivi de la déforestation, montrent d’épais nuages de fumée et des flammes s’élevant de la jungle de Guaviare. Selon le système de surveillance planétaire des feux de Global Forest Watch, ce sont 2.363 alertes incendie qui sont signalées en Amazonie colombienne au 4 février, depuis début janvier.

Sur le même sujet
Plus d'actualité