Sortie du nucléaire: de l’eau dans le gaz

La ministre flamande de l’environnement N-VA refuse le permis d’installation d’un site à Vilvorde. Pour elle, un choix environnemental. Pour d’autres, un cadeau au nucléaire.

centrale au gaz à Vilvorde
Permis refusé pour la centrale au gaz de Vilvorde. @ BelgaImage

Zuhal Demir

Dame de fer
Surnommée la “Dame de fer”, Zuhal Demir n’est pas du genre à céder du terrain. Peu importe que le gouvernement fédéral, auquel ne participe pas la N-VA, souhaite mener la sortie du nucléaire. Elle estime que les objectifs environnementaux plus importants. C’est pourquoi, dit-elle, elle a refusé le permis pour l’installation d’une centrale au gaz à Vilvorde.

Un, deux, trois…
Certes, elle a accepté le permis de la nouvelle centrale au gaz de Wondelgem, près de Gand, à condition qu’elle soit neutre en émission de gaz à effet de serre d’ici 2040. Mais avant de refuser le permis d’une centrale à Vilvorde, elle l’avait déjà fait pour deux autres centrales près Tessenderlo et Dilsen-Stokkem.

Un problème d’azote
Dans un communiqué, la ministre justifie sa décision pour Vilvorde en raison de la production d’ammoniac, un composé chimique à base d’azote. Ce dernier serait présent en quantité trop importante et n’entrerait pas dans les clous de l’“arrêt azote” pris par ladite ministre.

Un vrai danger?
L’azote, incontestablement, est mauvais pour l’environnement. Toutefois, l’arrêt Azote ne précise pas le seuil limite à ne pas dépasser. Les projets sont évalués au cas par cas en fonction des zones habitées environnantes, des zones naturelles protégées, etc. Un manque de transparence et d’objectivité problématiques pour évaluer sérieusement la décision.

Zuhal Demir ministre de l'environnement

@ BelgaImage

Les centrales au gaz

Sortir du nucléaire
Pour Paul Magnette, “le débat est clos”. Sauf qu’au même moment Georges-Louis Bouchez dit qu’il “n’aime pas le nucléaire” mais qu’il aime “encore moins les émissions de CO2”… Quoi qu’il en soit, la sortie du nucléaire est prévue pour 2025 et le “mécanisme de rémunération de la capacité” a été lancé afin d’inciter les producteurs à investir dans des centrales au gaz.

La poubelle wallonne
Face à la décision de Zuhal Demir, Engie n’a d’autres choix que de s’en remettre au Conseil des contentieux des permis. Le hic: une telle procédure peut prendre des années et le gaz doit combler le vide énergétique dès 2025. Un autre risque est que la Wallonie devienne la poubelle CO2 du pays.

Politique de sabotage
La présidente de Groen Meyrem Almaci a qualifié le refus de Demir de “politique de sabotage”. Il y a peut-être un peu de ça. En tout cas, la ministre fédérale de l’Énergie Tinne Van der Straeten avait rappelé qu’en cas de non-obtention de permis, les producteurs devaient trouver une alternative, un plan B.

Les consommateurs, grands perdants?
L’enjeu est de taille pour les consommateurs et les entreprises, car la sécurité d’approvisionnement après 2025 pourrait être compromise et le risque de black-out augmenter. De plus, le prix de l’énergie pourrait exploser si la Belgique doit davantage se fournir à l’étranger.

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