COP 26 : enrayer la déforestation d’ici à 2030, un objectif trop peu ambitieux ?

La Belgique fait partie d’un groupe d’une centaine de pays qui s’engagent dans la restauration des forêts mondiales, d’ici à 2030. Un objectif trop lointain ?

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En absorbant une partie importante du carbone contenu dans l’atmosphère, et en expirant massivement de l’oxygène, elles sont les poumons de notre planète. Or, les forêts sont depuis des décennies prises de violentes quintes de toux, qui menacent désormais jusqu’à « notre survie même », comme l’ont noté les services du Premier ministre britannique Boris Johnson, hôte de la conférence des Nations unies sur le climat (COP 26), à Glasgow. Ces « cathédrales de la nature » sont en effet en train de reculer au rythme complètement affolant de 27 terrains de football… par minute.

En Ecosse, les dirigeants mondiaux ont décidé de s’engager mardi à enrayer la déforestation d’ici à 2030. Une déclaration commune sera signée par plus de cent pays abritant 85% des forêts mondiales, dont la forêt amazonienne au Brésil, la forêt boréale du Canada ou la forêt tropicale du bassin du Congo. Pour restaurer les terres dégradées, lutter contre les incendies et soutenir les communautés autochtones, quelques 10,3 milliards d’euros de financement public et 6,2 milliards de fonds privés sont sur la table. La Belgique participera à l’effort, via une promesse de 200 millions d’euros, engagés sur cinq ans.

20.000 km2 de forêts en fumée sous Bolsonaro

Le Brésil, critiqué pour sa politique de déforestation et de violation des droits des peuples indigènes, fera aussi partie des pays signataires. Le gouvernement brésilien a même annoncé des objectifs plus ambitieux pour réduire les émissions de C02- soit 50% de moins d’ici 2030 au lieu de 43%, ainsi que la neutralité carbone en 2050. À voir ce qu’il adviendra dans les faits, alors que depuis le début du mandat du président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, l’Amazonie brésilienne a perdu 10.000 km2 de forêt par an.  Contre 6.500 km2 annuels, lors de la précédente décennie.

Mais plus globalement, certains défenseurs de l’environnement accueillent avec scepticisme l’objectif de 2030 pour enrayer la déforestation mondiale. En effet, pour des ONG comme Greenpeace, en 2030 il sera déjà…trop tard, ou presque. « Les peuples indigènes demandent que 80 % de la forêt amazonienne soit protégée d’ici à 2025 et ils ont raison, c’est ce qu’il faut faire », a insisté auprès de l’AFP Carolina Pasquali, responsable de Greenpeace au Brésil. L’ONG déplore ainsi ce qui revient dans les faits à un feu vert (si on peut dire) à « une décennie supplémentaire de déforestation ».

Un engagement déjà pris en 2014

Pour d’autres, les premières annonces de la COP 26 n’ont rien de neuf. « La plupart de ces pays se sont déjà engagés, notamment la France, à mettre fin à la déforestation en 2020, expliquait Sylvain Angerand, le coordinateur de campagne de l’association Canopée. On n’a pas atteint cet objectif et on le décale en 2030″.

En 2014, de nombreux pays avaient en effet signés la Déclaration de New York. Le texte prévoyait de diviser par deux la déforestation en 2020, et d’y mettre fin en 2030. Pour 2020, c’est raté. Et pour 2030 ?

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