À la COP26, De Croo cite l’Europe comme exemple

À la tribune de la COP26, Alexander De Croo a appelé les autres économies du monde à se joindre aux efforts européens pour le climat.

Alexander De Croo à la COP26
@ BelgaImage

Alexander De Croo a pris la parole ce mardi à la COP26, comme les autres chefs d’Etats des pays participants à cette conférence sur le climat. Il a commencé en évoquant la mémoire des 41 personnes mortes dans les inondations en juillet dernier, « les premiers citoyens belges victimes du changement climatique », selon le Premier ministre. « D’autres pays et d’autres continents ont déjà payé un prix beaucoup plus élevé. Mais pour nous, c’était quelque chose de lointain. Une chose qui passait à la TV. Plus maintenant », a-t-il reconnu, estimant qu' »il n’y a vraiment pas de temps à perdre » dans la lutte contre le réchauffement mondial, laquelle exige « de faire plus », dès maintenant.

« Nous sommes en retard, et nous devons accélérer le rythme », a poursuivi le libéral flamand. « Nous ne pouvons tout simplement pas rester les bras croisés en attendant la prochaine inondation, la prochaine vague de chaleur, le prochain feu de forêt. »

Faites comme l’Europe et la Belgique

Alexander De Croo a ensuite souligné les actions prises par l’Union européenne et la Belgique en matière de climat. Au niveau belge, il a rappelé que notre pays entend tripler sa capacité d’éoliennes en mer d’ici la fin de la décennie et ambitionne de devenir l’un des plus importants hubs en matière d’hydrogène vert afin de verdir l’approvisionnement en énergie de l’industrie lourde, responsable de 30% des émissions de CO2 en Belgique. Il a aussi souligné les efforts de notre pays pour aider les plus fragiles, en ajoutant que la Belgique va contribuer à hauteur de 200 millions d’euros – sur cinq ans – à la lutte contre la déforestation, notamment dans la protection du bassin du Congo.

Au niveau européen, l’ambition est de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55% d’ici 2030 et faire du Vieux-Continent le premier continent climatiquement neutre d’ici 2050. « L’Europe a une responsabilité historique du changement climatique. Mais nous ne sommes pas les seuls à porter cette responsabilité », a insisté Alexander De Croo, invitant les autres grandes économies à « prendre urgemment des actions équivalentes ».

Dans son discours, le Premier ministre a bien évidemment oublié de mentionner l’incapacité de la Belgique, bloquée par la Flandre et la lasagne institutionnelle, à trouver un accord pour des mesures climatiques supplémentaires afin d’atteindre ces objectifs européens. Il reste néanmoins confiant. « Nous pouvons encore atteindre les objectifs de Paris. On a l’analyse scientifique, on a les solutions technologiques en main, nous sommes en train de rassembler l’argent nécessaire. Maintenant, nous devons montrer la volonté politique. C’est pour cela que nous sommes là. »

Position hypocrite

Citée par Belga, la Coalition Climat, qui rassemble plus de 80 organisations de la société civile belge, a salué l’urgence qui ressort de ce discours, mais regretté que la Belgique, malgré ses efforts, reste « parmi les plus mauvais élèves de la classe » et appelle à « transformer ces paroles en actes ».

Après avoir rencontré le Premier ministre mardi à Glasgow, le mouvement « Youth for climate » estime que ce dernier a « de nouveau laissé tomber les futures générations ». Le collectif, composé de jeunes activistes climatiques, juge en outre « hypocrite » que notre pays continue à investir des milliards d’euros dans les énergies fossiles. « La Belgique agit comme si elle était un exemple au niveau des décisions politiques pour le climat, alors que le récent rapport de l’Agence européenne de l’environnement démontre que la Belgique, ainsi que la Bulgarie, occupent les deux dernières positions sur la scène européenne au niveau de la politique climatique », dénonce encore Lola Segers, de Youth for climate.

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