G20 : un accord ne vaut rien sans l’action

À quelques heures de l'ouverture de la COP26, le G20 de Rome s'est accordé sur un objectif de réchauffement limité à 1,5°C. Un "langage plus fort" que l'accord de Paris, mais qui reste du langage...

les membres du G20 pour parler réchauffement climatique
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Les dirigeants du G20 se sont entendus dimanche sur un objectif de limitation du réchauffement climatique à 1,5 degré au-dessus des niveaux pré-industriels, selon le projet de communiqué final, consulté par l’AFP. Le G20 réaffirme l’objectif de l’accord de Paris, à savoir « maintenir l’augmentation moyenne des températures bien en-dessous de 2 degrés et poursuivre les efforts pour la limiter à 1,5 degré au-dessus des niveaux pré-industriels ». Mais il va – un peu – plus loin en ajoutant: « Conserver (l’objectif de) 1,5 degré à portée nécessitera des actions et des engagements significatifs et efficaces de tous les pays. »

L’accord trouvé porte sur un « langage plus fort » que celui de l’accord de Paris de 2015, ont indiqué à l’AFP deux sources participant aux négociations. Le terme « langage » est bien choisi car l’enjeu principal est de savoir quels moyens concrets les pays engagent pour respecter cet objectif, ce qu’ils sont souvent réticents à indiquer, déplorent les ONG. Car selon la dernière évaluation de l’ONU qui prend en compte les nouveaux engagements d’une majorité des pays signataires, le monde se dirige toujours vers un réchauffement « catastrophique » de +2,7°C. Ou au mieux +2,2°C si on prend en compte les promesses souvent « vagues » de neutralité carbone pour le milieu du siècle.

« Le milieu du siècle » est précisément la formulation retenue par le G20 dans le document final. Un horizon moins précis que la date de 2050 voulue notamment par la présidence italienne du G20, « mais tout à fait significatif, considérant la diversité des pays qui participent au G20 », selon la présidence française.

L’Accord de Paris évoque l’objectif d' »équilibre » entre émissions et absorption des gaz à effet de serre « au cours de la deuxième moitié du siècle ».

Plus de la moitié des émissions mondiales

Sous la pression de l’ONU, de plus en plus de pays s’engagent pour cette neutralité carbone, la plupart pour 2050, quelques-uns pour 2060 ou 2045: La Chine et la Russie, par exemple, se sont fixé 2060, l’Australie et la France 2050. En excluant les simples promesses, 49 pays représentant 57% des émissions mondiales, dont l’ensemble des membres de l’UE et les Etats-Unis, ont pris cet engagement de façon formelle, selon le dernier rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement.

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