La COP26 pour les nuls

C'est quoi, une COP ? D'où ça vient ? Qu'est-ce qui s'y passe ? Pourquoi c'est important ? Tout savoir pour parler climat comme Greta en société.

En marge de la COP26
Belga

Le grand raout climatique annuel aura lieu du 31 octobre au 12 novembre à Glasgow. C’est parti pour la COP26. Résumé des épisodes précédents.

COP, ça veut dire quoi ?

L’acronyme COP signifie « Conférence des parties » (conference of the parties, en vieil anglois). Ce qui, on en conviendra, ne nous avance pas. En réalité, COP est le diminutif de « Conférence des parties de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ». A savoir, COPCCNUCC… Bref, COP.

De quoi s’agit-il ? D’un traité adopté au Sommet de la Terre de Rio en 1992 par 197 « parties », à savoir 196 Etats et l’Union européenne. Rio 1992 peut être vu comme l’ancêtre de la COP, l’année zéro de la bataille contre le réchauffement climatique car c’est là qu’a été reconnu (par les parties, donc) l’existence d’un changement climatique d’origine humaine et qu’il fallait faire quelque chose pour lutter contre ce phénomène.

Rio 1992 permet aussi de comprendre pourquoi l’année 1990 est toujours prise comme année de référence pour les objectifs de réductions des émissions carbone.

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Qu’est-ce qui s’y passe, au juste ?

Chaque année, les parties se rencontrent autour d’une gigantesque table pour décider des actions à adopter pour lutter contre le réchauffement climatique. Parfois ça marche, parfois ça coince. Outre les délégations d’Etats (et de l’UE, donc), sont conviés les membres de la société civile (entreprises, ONG, scientifiques, populations autochtones,…) et, bien sûr, les médias du monde entier.

Les COP sont divisées en deux zones. La zone bleue qui est gérée par l’ONU. C’est là que les gens de pouvoir négocient entre eux. C’est là que les grandes décisions sont prises… ou pas. Bref, c’est là que ça joue vraiment entre gros bras. Et puis, il y a la zone verte, gérée par le pays hôte, et qui sert de gigantesque plateforme de sensibilisation pour le grand public. S’y déroulent des conférences et débats entre membres de la société civile, marches et manifestations, diffusion de l’information par les ONG… Chacun d’entre nous est invité à y participer car le pouvoir est (aussi) entre nos mains.

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Pourquoi certaines COP sont plus marquantes que d’autres ?

Parce que certaines COP sont plus ambitieuses que d’autres et, parfois, permettent de réelles avancées dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Outre la COP1 qui s’est déroulée à Berlin en 1995, il faut citer la COP3 de Kyoto en 1997. Elle a été le théâtre d’un premier traité juridiquement contraignant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 5% entre 2008 et 2012 par rapport à 1990. Ce traité ne concernait que les pays industrialisés.

En 2009, lors de la COP15 à Copenhague, l’ambition était d’y faire entre les pays en développement. Ce fut un échec, ces derniers refusant la contrainte. Il faut rappeler que ce sont les pays industrialisés qui sont les plus responsables du réchauffement climatique. En ce sens, ils sont amenés à financer les pays en développement (qui sont aussi plus pauvres) afin de leur permettre la transition énergétique. Question de responsabilité historique… Et de réalisme.

Enfin, la COP21 de 2015 a accouché de l’accord de Paris, premier traité international pour réduire les émissions dans le but de contenir le réchauffement climatique sous les 2°C au minimum, et sous les 1,5°C si y a moyen, car ce serait quand-même bien mieux. Cet accord de Paris, s’il n’est pas juridiquement contraignant, n’en est pas moins un réel tournant : pour la première fois, on sait où on va et on sait comment y aller. Les outils sont là, entérinés par la COP24 de Katowice en 2018 : sortir du charbon, arrêter la déforestation, arrêter de financer les industries fossiles, pour prendre quelques exemples… Ne reste plus qu’à décider d’y aller vraiment. C’est l’idée de la COP26.

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Qu’attendre de la COP26 ?

Apparemment, pas grand-chose. C’est une COP marquante parce qu’on est cinq ans après Paris (six, en vrai, mais 2020 n’ayant jamais existé…) et que lors de la COP21, les parties s’étaient mises d’accord pour relever leurs objectifs cinq ans plus tard. Nous y voilà. Et c’est pas gagné.

Déjà, il y a eu (il y a) la pandémie. Ce qui mine les finances de tous les Etats du monde (et de l’Union européenne). Ensuite, il y a les tensions géopolitiques. Ce qui fait que ni la Russie, ni la Chine ne seront présents à Glasgow. En prime, il y a les obscurantistes. Ainsi, le Brésil de Bolsonaro a déjà dit qu’il ne fallait pas compter sur lui pour relever ses objectifs climatiques. Idem pour le Mexique, l’Inde et l’Australie qui sont tout de même des big players au niveau pollution. De manière générale, les pays du sud, qui manquent de vaccin, ont d’autres chats à fouetter en ce moment pour s’occuper du climat.

Quant aux bons élèves… Les Etats-Unis sont revenus dans le game après la période Trump. Objectifs relevés par Uncle Joe qui vise une réduction des émissions de 50% en 2030 (contre 28% en 2025 il y a cinq ans). La Chine de M. Xi, pas très copine avec Uncle Joe, a tout de même fait un petit effort : objectif de neutralité carbone en 2060 (comme la Russie de Vladimir) et une promesse (c’est promis!) d’atteindre le pic de ses émissions « avant 2030 ».

Boris Johnson, qui accueille la COP26, y est allé lui aussi de bien des annonces : il vise la neutralité carbone de la Grande-Bretagne pour 2050. L’Union européenne (et ses Etats membres), qui se veut plus verte que verte et leader climatique, a elle aussi annoncé l’objectif de la neutralité carbone en 2050 et une réduction de ses émissions de 55 % en 2030 par rapport à 1990. Reste à vraiment y aller. Et ce sera l’enjeu de la COP26 : voir qui dit vrai et agit et qui a la langue de bois.

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Les COP, ça sert vraiment à quelque chose ?

Les décisions concrètes, ce sont les Etats et les citoyens qui les prennent. Arrêter de financer les énergies fossiles, faire la transition énergétique, favoriser la mobilité moins polluantes, etc. C’est un travail gigantesque qui a des conséquences sociales et économiques. Ca ne se fait pas en un tour de vis, ça fâche des gens, tout le monde doit y mettre du sien. Bref, c’est un changement.

Quel est le rôle des COP dans tout ça ? Elles permettent de maintenir le multilatéralisme et les avancées au niveau mondial. Tout le monde doit y aller ensemble, sinon… Elles servent aussi à donner un cadre solide qui définit l’action et permet de vérifier ce qui se fait et ne se fait pas. C’est essentiel. Derrière les effets d’annonce, on peut voir qui a avancé et qui est dernier de classe. A chaque COP, on fait le bilan des avancées et on fait une road map sur ce qu’il est urgent de faire.

Enfin, ces sommets permettent d’impliquer les gens. Ils mobilisent la société civile et sensibilisent l’opinion publique pour lui permettre de mieux agir et revendiquer des actions concrètes. On est tous sur la même planète !

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