Les défenseurs des animaux font pression pour interdire l’abattage sans étourdissement

Une nouvelle manifestation a eu lieu ce jeudi à Bruxelles pour réclamer l'interdiction de l’abattage sans étourdissement, y compris lors des rites religieux.

abattage sans étourdissement
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Une vingtaine de défenseurs de la cause animale se sont mobilisés, jeudi matin, au croisement de la rue Belliard et du boulevard du Régent à Bruxelles pour fustiger « la lâcheté politique qui fait souffrir les animaux », alors que le gouvernement Vervoort doit se pencher aujourd’hui sur un avant-projet d’ordonnance visant à interdire l’abattage d’animaux sans étourdissement.

Munis de masques de moutons et de bovins ainsi que de grandes banderoles symbolisant les souffrances infligées aux animaux abattus sans étourdissement, une vingtaine d’activistes des associations de défense du bien-être animal Gaia, Help Animals, La Croix Bleue de Belgique ainsi que le Conseil national de la protection animale, ont rappelé leur volonté de voir la Région de Bruxelles-Capitale interdire à son tour l’abattage sans étourdissement, y compris lors des rites religieux.

« Noyer le poisson »

En Flandre, cette interdiction est entrée en vigueur le 1er janvier 2019, en Wallonie le 1er septembre 2019.
Forts de deux décisions de justice en faveur de cette prohibition, les militants ont houspillé ceux qui, au sein du gouvernement bruxellois, s’opposent à l’obligation d’étourdissement. « Le PS et Ecolo utilisent de mauvaises excuses pour noyer le poisson », dénonce auprès de l’agence Belga le président de Gaia, Michel Vandenbosch. « Quand Rudi Vervoort dit que cette interdiction ne fera pas avancer la cause animale en Belgique, c’est une absurdité. Le ministre-président bruxellois semble estimer qu’il faudrait attendre que l’abattage sans étourdissement soit interdit partout en Europe. La Belgique interdit pourtant les combats d’animaux depuis 1929 alors que l’Espagne et la France permettent toujours des corridas très cruelles », illustre-t-il. « Ecolo estime quant à lui qu’il faut interdire tout élevage intensif avant de s’attaquer à la mise à mort, c’est une excuse parmi tant d’autres », dénonce encore M. Vandenbosch, qui appelle à ce que la Belgique envoie un « signal fort » à l’ensemble de l’Union européenne.

La Cour de justice de l’Union européenne et la Cour constitutionnelle belge ont dernièrement statué en faveur d’un étourdissement préalable des animaux lors de leur abattage rituel, au grand dam de plusieurs associations juives et musulmanes. L’abattage rituel ne prévoit en effet pas d’étourdissement de l’animal, qui doit être intact avant la mise à mort.

« Être égorgé sans étourdissement provoque une violence extrêmement grave. Les animaux se noient dans leur propre sang, c’est une mort très cruelle », insiste Gaia. À ce propos, il existe un consensus scientifique sur le fait que l’étourdissement préalable est le meilleur moyen de réduire la souffrance de l’animal.

Le ministre bruxellois du Bien-être animal, Bernard Clerfayt (Défi), doit présenter ce jeudi matin, lors du conseil des ministres, son avant-projet d’ordonnance visant à interdire l’abattage d’animaux sans étourdissement, y compris lors des rites religieux.

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