Voici à quoi ressembleraient nos villes avec 1,5°C ou 3°C en plus

Des simulations montrent le niveau que la mer atteindrait dans les grandes villes du monde si ce scénario se réalisait, en Belgique et ailleurs.

Voici à quoi ressembleraient nos villes avec 1,5°C ou 3°C en plus
@Climate Central

Cette semaine, l’organe de presse à but non lucratif Climate Central a publié pas moins de 180 simulations qui font froid dans le dos. À gauche, un scénario «idéal», où on voit des villes comme Londres ou Anvers avec un réchauffement climatique limité à 1,5°C, comme imaginé par l’Accord de Paris. À droite, ces mêmes villes mais avec un changement plus important (2°C, 3°C ou même 4°C), comme ce que prévoit l’ONU en l’état pour 2100. Dans le deuxième cas, c’est simple: la montée du niveau des océans serait tel que de nombreuses villes autour du monde seraient sous eau, ou du moins une bonne partie. Shanghai, La Havane, Rio, Mumbai, Saint-Pétersbourg, Tunis… La liste est aussi longue que ces simulations sont effrayantes.

Vu du ciel ou depuis le sol, un constat tout aussi frappant

Commençons donc par la seule ville belge ici présente, Anvers. Dans l’hypothèse d’un réchauffement de 1,5°C, le centre reste au sec. Il suffit d’augmenter d’un demi-degré et tout apparaît déjà sous eau. Évidemment, plus le scénario est pessimiste, plus les bâtiments sont inondés. À 4°C, même le portail de la cathédrale serait sous le niveau de la mer.

Ça, c’est pour une ville vue du ciel. Mais il y a aussi des simulations imaginées depuis le sol. C’est le cas de celle de La Havane, réalise avec la place de la Cathédrale. À 1,5°C, tout est normal. À 3°C, ce n’est pas même pas une acqua alta vénitienne qui remplirait l’espace, mais une véritable inondation perpétuelle qui atteindrait même les étages des bâtiments.

1,5°C, déjà trop pour certaines villes

Plus proches de nous, les villes françaises proches de la mer. À Nice, sans aménagement préalable, même un réchauffement de 1,5°C serait suffisant pour inonder les rues les plus proches de la Méditerranée dans la vieille ville. Autrement dit, même dans le meilleur des cas, la perle de la Côte d’Azur va devoir se protéger pour éviter que l’eau ne grignote du terrain d’ici la fin du siècle. Et évidemment, si la température monte encore, c’est un véritable raz-de-marée qui s’annonce. À Bordeaux, c’est moins dramatique. À 1,5°C, tout va bien. Même avec 2°C, les dégâts sont très limités. Mais après, plus de répit!

Évidemment, aux Pays-Bas, ce n’est pas joli à voir. Notre voisin, en bonne partie situé au niveau de la mer, serait à la merci des eaux. Même avec 1,5°C, une ville comme La Haye serait déjà en partie sous l’océan sans aménagement protecteur. Et cela peut continuer encore et encore. Séville, Hong Kong, Sydney, Vancouver, Copenhague, Dublin, Naples, Le Cap, Hambourg, Tokyo, Lisbonne, Barcelone ou encore New York. Les exemples ne manquent pas et sont tous plus frappants les uns que les autres.

Ces simulations sont publiées alors qu’une étude de Climate Central est publiée cette semaine dans la revue Environmental Research Letters. Selon celle-ci, avec un petit demi-degré de plus, 200 millions de citadins connaîtraient plus ou moins régulièrement des inondations. Un constat qui s’applique surtout à l’Asie, où se situent neuf des dix plus grandes villes ici concernées. Et les chercheurs ne sont font aucune illusion: ce phénomène ne va pas s’arrêter là. Si l’accord de Paris est respecté et que le réchauffement est limité à 1,5°C, le niveau des océans devrait monter d’environ trois mètres sur le long terme.

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