La Belgique mauvaise élève de l’Europe pour la contamination de l’eau aux nitrates

Une partie de la Belgique est particulièrement concernée, symptôme d'une utilisation excessive des engrais chimiques.

La Belgique mauvaise élève de l’Europe pour la contamination de l’eau aux nitrates
Rivière près de Damme, en Flandre occidentale @BelgaImage

Dans l’ensemble des États membres de l’Union européenne, 14,1 % des eaux souterraines dépassaient encore la limite de concentration des nitrates fixée pour l’eau potable au cours de la période 2016-2019, selon un rapport présenté lundi par la Commission européenne. En Belgique, la Flandre reste pointée du doigt.

Peu de progrès

«Certains États membres enregistrent une mauvaise qualité de l’eau sur l’ensemble de leur territoire et un problème systémique de gestion des pertes de nutriments dues à l’agriculture: la Belgique (Flandre), la République tchèque, le Danemark, l’Allemagne, la Finlande, la Hongrie, la Lettonie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne et l’Espagne», selon ce rapport. L’excès de nitrates dans l’eau, qui trahit souvent une utilisation excessive d’engrais, est nocif aussi bien pour la santé humaine que pour les écosystèmes, car il entraîne un appauvrissement en oxygène et une eutrophisation (asphyxie des écosystèmes aquatiques).

D’après le rapport, 81 % des eaux marines, 31 % des eaux côtières, 36 % des cours d’eau et 32 % des lacs dans l’UE ont été signalés comme eutrophes. «Un pourcentage élevé de stations de surveillance des eaux souterraines affiche encore des niveaux supérieurs au maximum de 50 mg de nitrate/l à Malte, en Allemagne, au Luxembourg, en Espagne, au Portugal et en Belgique (Flandre)», selon le rapport. La Bulgarie, Chypre, l’Estonie, la France, l’Italie, le Portugal et la Roumanie comptent aussi des points à risque où il est urgent de réduire la pollution.

Si les concentrations de nitrates ont diminué tant dans les eaux de surface que dans les eaux souterraines de l’UE par rapport à la situation qui prévalait avant l’adoption de la directive sur les nitrates en 1991, le nouveau rapport révèle que peu de progrès ont été accomplis ces dix dernières années.

La Commission assure qu’elle prendra des mesures dans le cadre de son Pacte vert afin de réduire les pertes de nutriments d’au moins 50 % d’ici à 2030, mais elle insiste aussi sur la nécessité de renforcer les mesures dans la plupart des États membres, tant au niveau national que régional. Outre la pression agricole, l’exécutif européen souligne l’incidence du changement climatique sur la pollution par les nitrates à l’échelle nationale.

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