Adélaïde Charlier: « Ce qui manque encore, c’est l’urgence climatique »

Une nouvelle marche pour le climat aura lieu ce dimanche. L’occasion pour Adélaïde Charlier, coordinatrice de «Youth for climate» en Belgique, de marteler l’importance des enjeux climatiques.

Adélaïde Charlier: « Ce qui manque encore, c’est l’urgence climatique »
Belga

Un conseil des ministres spécial se penche sur le climat ce vendredi matin et la jeune militante leur a adressé un message sans détour, lors de son passage chez Maxime Binet dans la matinale de DH Radio.

«On veut que nos politiques prennent véritablement en compte le dernier rapport du Giec qui est sorti cet été», lance-t-elle. «Celui-ci nous alarme sur le fait que même les ambitions sur la table ne suffiront pas à atteindre les objectifs de l’accord de Paris. On laisse tomber notre promesse».

Un message fort, alors que la feuille de route belge sur le climat tarde à arriver dans le cadre de la prochaine COP26, fin octobre. «On doit pouvoir s’accorder dans ce pays. La COP24 était déjà un échec car nous n’avions pas d’accord belge avant de partir et la Belgique n’a pas pu prendre position et ne peut pas avancer», rappelle Adélaïde Charlier. On comprend qu’un deuxième camouflet pour le même genre de raison serait un échec encore plus important.

Pour changer, il faudra que cela soit accessible à tous

« La conscience publique est là désormais. On ne peut pas nier que le climat est présent. Ce qui manque encore c’est l’urgence climatique. On ne parle pas encore d’une transition juste et accessible à tous», affirme-t-elle.

Et que faire concrètement? «Ce n’est pas à moi, une jeune étudiante, de dire tout ce qu’il faut faire. Mais on a travaillé avec 100 scientifiques belges qui nous ont écrit 27 recommandations très précises pour enclencher la transition. Maintenant, il faut que le politique et les scientifiques se parlent plus souvent».

Cet été, de dramatiques inondations ont touché la Belgique, notamment dans la province de Namur d’où est originaire l’étudiante. Probablement l’une des premières conséquences du dérèglement climatique. «J’espère qu’il ne faut pas attendre ce genre d’événements pour que les perspectives changent. Ce que les scientifiques nous disent, c’est que la fréquence de ces événements va s’intensifier et qu’on va retrouver ces conséquences d’autres étés. Et c’est dû à notre activité humaine».

Les cartons rouge et vert de l’invitée s’entremêlent. «J’adresse un carton rouge à la Belgique qui n’était présente pour écouter les revendications des jeunes à Milan (pour le sommet «Youth4Climate», qui a lieu du 28 au 30 septembre 2021, NDLR). Et mon carton vert va aux Nations unies qui ont permis à 400 jeunes du monde entier de faire entendre leurs craintes au cours de ce sommet», conclut-elle.

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