Notre alimentation est la plus grosse menace pour la biodiversité

En plus d'être mauvais pour le climat et notre santé, le système agroalimentaire menace 86% des espèces en voie de disparition. Selon un rapport soutenu par l'ONU, il est urgent de changer la façon de nous nourrir.

Belga

Au départ, le raisonnement a de bons arguments: produire de la nourriture pas chère pour que tout le monde puisse se nourrir à sa faim. Dans les faits, c’est une très mauvaise idée. Un triple carnage, à vrai dire : pour le climat, pour la santé, pour la biodiversité. Auxquels il faut ajouter un aspect financier. Car les conséquences coûtent de l’argent. Le système agroalimentaire qui nous nourrit est donc contre-productif à plus d’un titre. Et il va falloir y remédier.

 

Si les conséquences néfastes du « global food system » sur le climat et la santé étaient jusqu’ici connues et acceptées, celles sur la biodiversité n’étaient pas encore vraiment prises en compte. C’est désormais chose faite avec un rapport de la Chatham House, un think tank britannique, repris et soutenu par le programme de l’ONU sur l’environnement (UNEP). Ce que nous mangeons menace 86% des espèces en voie d’extinction. De quelle façon ? Via un cercle vicieux.

 

Cercle vicieux

 

Le circuit alimentaire industriel mène la planète et tous ses habitants au bord du gouffre. Voici la chaîne : La production intensive de nourriture à bas prix engendre une demande accrue de nourriture. Etant donné que ce n’est pas cher, on mange plus qu’il ne faut ! Résultats, d’un côté, les gaspillages s’accumulent, de l’autre la compétition augmente entre les producteurs de « cheap food ». D’où, puisqu’il y a concurrence, les prix continuent de diminuer, ce qui pousse d’autant plus la demande et c’est la nature qui morfle : utilisation de plus en plus accrue de pesticides et autres produits chimiques qui tuent les terres, déboisements de plus en plus réguliers pour faire de nouvelles terres agricoles… Dans ces conditions, les espèces se cachent pour mourir.

 

3 solutions

 

Comment sortir de ce cercle vicieux ? Le rapport de la Chatham House présente trois solutions : 1. Manger moins de viande. Selon le rapport, il est désormais urgent de se tourner vers un régime alimentaire à base de légumes et non plus de viande. C’est en effet le bétail et l’élevage d’animaux qui a le plus gros impact sur l’environnement, utilisant 80% des terres agricoles ; 2. Restaurer un écosystème. Planter des arbres, réintégrer des espèces animales pour que la biodiversité reprenne des couleurs ; 3. Prôner une agriculture moins intensive et accepter un rendement plus bas.

 

Notre système industriel d’alimentation compte pour 30% des émissions de gaz à effet de serre. De ces 30%, la moitié vient de l’élevage d’animaux. En sortir permettrait donc à la planète de respirer, mais aussi d’éviter les maladies dues à la malnutrition dont souffrent 3 milliards de personnes sur Terre (qu’il s’agisse d’obésité ou de manque de nutrition). Lesquelles coûtent des milliards de dollars pour les soins de santé au niveau mondial chaque année !

 

« Notre système alimentaire actuel est une épée à double tranchant. Il a été façonné par des décennies de paradigme de la « nourriture moins chère », visant à produire plus de nourriture, rapidement et à moindre coût, sans tenir compte des coûts cachés pour la biodiversité et ses services vitaux – et pour notre propre santé », a déclaré Susan Gardner, directrice de la Division des écosystèmes du PNUE.

 

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